Suspension de la plénière du 27 octobre : LE GOUVERNEMENT SOLLICITE LE RENVOI DE LA LFR 2026 EN COMMISSION POUR EVITER LE CHOC FRONTAL AVEC LE PASTEF
Au terme d'une journée sous haute tension dans l'hémicycle de la place Soweto, l'Exécutif sénégalais a choisi de reculer pour désamorcer l'impasse institutionnelle. Le ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération, Cheikh Diba, a formellement demandé ce mardi 27 octobre le renvoi du projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 devant la Commission des finances.
© Politique & Finances publiquesEntérinée par les députés sous la présidence d'Ousmane Sonko, cette suspension temporaire des débats en plénière offre un répit tactique aux deux parties pour négocier un compromis budgétaire et éviter un rejet franc du texte par la majorité parlementaire.
Négociations en comité restreint : Les lignes de fracture entre l'Exécutif et la majorité
Le retour du texte en commission des finances rouvre une séquence de conciliation technique et politique enserrée dans un cadre réglementaire strict.
Le projet gouvernemental prévoit une réduction globale de 555 milliards FCFA sur les dépenses d'investissement. Les parlementaires du Pastef font un blocage net sur les coupes ciblant l'éducation, la santé, la formation professionnelle, l'hydraulique et les infrastructures. Le parti exige la préservation du pouvoir d'achat des ménages et refuse que le redressement des finances publiques se fasse au détriment des services de base.
Outre la contestation de la baisse de 30 % des subventions aux hydrocarbures, la majorité réclame un encadrement légal strict des fonds spéciaux mis à la disposition de la présidence et du gouvernement sans contrôle parlementaire préalable.
La marge d'amendement des députés restant juridiquement contrainte (interdiction d'accroître les charges sans gage de recette équivalente), le compromis devra passer par un redéploiement interne des crédits au sein du projet de loi.
Conséquences macroéconomiques : L'ombre de la dette et l'accord en suspens avec le FMI
Cette prolongation des débats parlementaires suspend la trajectoire de stabilisation financière du pays à un moment charnière de la relation avec les bailleurs de fonds.
Alors que le Sénégal a conclu début septembre un accord de principe portant sur un programme de 2,2 milliards de dollars (1 245 milliards FCFA) sur 36 mois, le Conseil d'administration de l'institution internationale conditionne l'approbation définitive et le premier décaissement à la mise en œuvre effective de réformes budgétaires structurelles.
Face à une dette publique réévaluée à 132 % du PIB à la suite des audits sur la « dette cachée », la crise budgétaire actuelle ravive les inquiétudes des marchés obligataires.
À l'approche de la fixation d'un nouveau calendrier par la Conférence des présidents de l'Assemblée, l'arbitrage entre la discipline budgétaire exigée à l'international et les engagements sociaux du Pastef demeure l'épreuve de force centrale de la cohabitation sénégalaise.
La rédaction



