Sénégal : LE PREMIER MINISTRE AHMADOU AL AMINOU LO DEFEND UN BUDGET DE RACCORDEMENT ET APPELLE AU DIALOGUE
À 48 heures de la séance plénière décisive fixée au mardi 27 octobre 2026 à l'Assemblée nationale, l'Exécutif sénégalais s'active pour débloquer la crise budgétaire. Le projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 a essuyé un rejet net en commission finances ce vendredi 23 octobre, sous l'impulsion des députés du groupe Pastef.
© Finances publiques & Vie parlementaireFace à ce blocage, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô est monté au créneau sur les ondes internationales pour défendre les arbitrages de rigueur d'un texte qualifié d'« indispensable pour remettre l'économie sur les rails ».
Le réquisitoire du Premier ministre : Rigueur administrative et subventions ciblées
Ancien cadre de la BCEAO promu à la Primature pour son profil technocratique, le chef du gouvernement a martelé les impératifs macroéconomiques imposés par le trou d'air budgétaire.
Le projet de LFR intègre un plan de coupes de 555 milliards FCFA, incluant 180 milliards d'économies directes sur le train de vie de l'État (fournitures, séminaires, cérémonies officieuses et missions).
Le gouvernement entend réaffecter ces marges au règlement des dettes dues aux entreprises privées et PME locales pour fluidifier la trésorerie.
Ahmadou Al Aminou Lô justifie le maintien partiel des subventions à l'énergie par la nécessité d'épargner les ménages vulnérables face aux chocs inflationnistes, tout en réorientant les ressources économisées vers la revalorisation des bourses de sécurité familiale.
Bras de fer institutionnel : L'Exécutif interpelle la majorité Pastef
La passe d'armes traduit la fracture politique aiguë qui s'est installée entre le gouvernement technocratique et la majorité législative sous influence d'Ousmane Sonko.
Qualifiant le vote de la commission d'« obstruction dramatique pour la continuité de l'État », le Premier ministre a sommé les parlementaires du Pastef de sortir de la posture d'affrontement et de formaliser leurs griefs sous forme d'amendements écrits avant la plénière.
Alors que le président Bassirou Diomaye Faye pousse pour la ratification d'urgence de la LFR, le rejet parlementaire menace de compromettre le calendrier de concrétisation de l'accord de 1 245 milliards FCFA récemment conclu avec le FMI.
Si les députés du Pastef maintiennent leur véto ce mardi, le Sénégal s'exposerait à une crise budgétaire inédite, menaçant la reprise des paiements publics et le climat des affaires à quelques semaines des JOJ 2026.
La rédaction



