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Sénégal : L'ASSEMBLEE NATIONALE VA BLOQUER LA LFR ET LA LFI

La rivalité au sommet du pouvoir au Sénégal vient de franchir un nouveau cap avec l'annonce par le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, de bloquer le vote de la Loi de Finance Initiale (Lfi) et de la Loi de Finance Rectificative (Lfr). Et ce, tant que la proposition de loi parlementaire sur l'encadrement des fonds spéciaux, elle aussi bloquée par la saisine de l'Exécutif au Conseil constitutionnel, ne sera pas votée.

Sénégal : L'ASSEMBLEE NATIONALE VA BLOQUER LA LFR ET LA LFI© Ousmane Sonko, le président du Pastef

La réponse du berger à la bergère !

Réunis en conférence de presse cet après-midi, Ousmane Sonko et ses partisans du parti des Patriotes africains du Sénégal pour le Travail, l'Ethique et la Fraternité (Pastef) ont décidé de répondre au coup pour coup à la dernière ruade de l'Exécutif qui a conduit à l'invalidation du vote par l'Assemblée nationale de la proposition de loi portant sur l'encadrement des fonds ou crédits spéciaux, autrement appelés « caisse noire », et qui s'élèvent pour la présidence de la République à près de neuf milliards de francs Cfa (v. https://www.dakardirectv.com/article/fonds-speciaux-le-conseil-constitutionnel-dechire-la-deuxieme-mouture-des-deputes).

En effet, par la personne de son ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, Président Diomaye Faye avait recouru au "vote bloqué" pour exiger de l'Assemblée nationale une procédure de vote unique de tout ou partie de la modification parlementaire de la loi portant sur l'encadrement des fonds spéciaux.

Devant le refus de la majorité Pastef, il avait saisi derechef le Conseil constitutionnel pour invalider la proposition de loi parlementaire. Celle-ci, rappelons-le, avait pour objet d'inclure l'usage des crédits ou fonds spéciaux à des fins sociales au contrôle parlementaire, au même titre que celles à des fins de défense ou sécurité nationale, ce que l'Exécutif n'entendait pas de cette oreille.

Lors de la conférence de presse de cet après-midi, le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, l'a clairement fait entendre. « Il n'est plus question que ces crédits ou fonds spéciaux échappent au contrôle parlementaire pour servir qui à créer des fondations, qui à récompenser des alliés », a-t-il martelé.

Jusqu'où ira ce nouveau bras de fer ?

Le blocage annoncé de la Lfi et de la Lfr répond aussi incidemment à la volonté du gouvernement de réduire substantiellement les subventions à l'énergie, comme le veut le Fonds monétaire international (Fmi). Outre ce qui semble être une exigence de l'institution de Brettons Woods, en dépit des discours circonstanciés sur la souveraineté du Sénégal, le président du Pastef ne laisse pas de citer pêle-mêle la diminution du budget alloué à l'éducation et à la santé pour justifier la position de ses partisans.

Mais il va de soi que la véritable pomme de discorde est bien l'encadrement des crédits ou fonds spéciaux que le Pastef avait, dans son programme électoral, promis de soumettre au contrôle parlementaire et de ne plus les laisser à l'entière discrétion du locataire du Palais de la République.

Le résultat de ce blocage pourrait être le blocage même des institutions de la République. Le rejet de la Lfi et de la Lfr pourrait être un obstacle au programme que l'Etat du Sénégal entend signer avec le Fmi d'ici la fin de semaine et, donc, à une rentrée de liquidités dont le pays, très fortement endetté, a tant besoin pour relancer son économie.

Quelles options s'offriraient dans ce cas au Président Diomaye Faye devant ce casus belli parlementaire ? La dissolution de l'Assemblé nationale, comme cela avait le cas quelques mois après son accession au pouvoir, n'étant possible qu'à partir du 02 décembre, il aurait quasiment les mains liées d'ici là.

Le Sénégal, malgré les dernières promesses d'embellie économique résultant de la restructuration de la dette initiée il y a peu, est donc très loin de sortir de l'auberge. Le Président Diomaye Faye ayant demandé la semaine dernière l'examen en urgence de la Lfi et de la Lfr, les prochains jours nous édifieront...    

Babacar GUEYE

 

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