Séisme budgétaire à Dakar : L'ASSEMBLEE NATIONALE REJETTE LE PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE (LFR) 2026 DE L'EXECUTIF
Coup de théâtre politique et institutionnel à Dakar. Ce mardi 3 novembre 2026, l’Assemblée nationale a officiellement rejeté le projet de loi n° 40/2026 portant loi de finances rectificative pour l’année 2026.
© Finances Publiques & LégislatifLa motion préalable déposée par le député Amadou Ba (PASTEF) a été adoptée par 109 voix contre 20 (et 3 abstentions) sur 132 votants, entraînant le rejet immédiat du texte sans débat sur le fond en séance plénière.
Une fracture inédite entre la majorité parlementaire et le gouvernement
L'élément marquant de ce vote réside dans l'attitude de la majorité parlementaire PASTEF — formation portée par le Premier ministre Ousmane Sonko — qui a choisi de sanctionner le projet élaboré par le ministère de l'Économie, des Finances et du Plan.
Ce vote en plénière confirme les deux rejets successifs déjà prononcés les 23 et 30 octobre par la Commission des finances et du contrôle budgétaire.
Les parlementaires de la majorité reprochent à l'exécutif des faiblesses structurelles dans les prévisions de recettes (ramenées de 762,6 à 311 milliards FCFA), une coupe jugée excessive de 555 milliards FCFA sur les investissements publics, ainsi qu'un manque de transparence sur la gestion de la dette et du déficit budgétaire (affiché à 1 735,2 milliards FCFA, soit 7,6 % du PIB).
Enjeux économiques et conséquences institutionnelles
Le rejet de ce réajustement budgétaire place le gouvernement dans une équation complexe à court terme. Ce blocage parlementaire fragilise les négociations bilatérales et risque d'ajourner le déblocage du programme de prêt de 2,2 milliards de dollars convenu avec le Fonds monétaire international (FMI).
Sans le vote de la LFR 2026, l'apurement des arriérés dus aux entreprises privées du BTP, le paiement des dettes envers les fournisseurs de combustible de la Senelec et le maintien des subventions énergétiques se heurtent à des contraintes réglementaires.
L'État ne se retrouve pas démuni d'instruments financiers mais reste bridé par le cadrage strict de la Loi de finances initiale (LFI) 2026 en attendant de nouvelles concertations entre le gouvernement et sa majorité.
La rédaction



