Crise au sommet de l'État : SONKO APPELLE AU REJET DE LA LFR 2026 ET DEFIE DIOMAYE FAYE A L'ASSEMBLEE
La rupture consommée depuis le 22 mai 2026 entre les deux anciennes figures de proue de l'ex-Pastef a franchi un nouveau seuil critique. Lors d'un point de presse tenu le 19 octobre au King Fahd Palace de Dakar, Ousmane Sonko a publiquement enjoint les députés de l'Assemblée nationale — y compris les parlementaires issus de sa propre sensibilité — à rejeter le Projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026.
© Sénégal, Politique & GouvernanceUne consigne de vote inédite qui transforme le débat budgétaire en un affrontement institutionnel direct avec le président Bassirou Diomaye Faye.
Le débat budgétaire comme terrain de confrontation politique
En dénonçant des « orientations budgétaires incompatibles » avec le projet initial de rupture, Ousmane Sonko cherche à isoler l'Exécutif à l'hémicycle.
En appelant à bloquer le collectif budgétaire à quelques heures de son examen en séance plénière, le leader politique entend tester la discipline de vote de la majorité parlementaire et contester la légitimité des arbitrages économiques arrêtés par le Palais.
Face à cette fronde, le président Bassirou Diomaye Faye maintient son cap financier. Le Conseil des ministres du 13 octobre 2026 a validé le Projet de loi de finances initiale (PLFI) 2027, fixé à 7 363,7 milliards FCFA, réaffirmant la prépondérance du pouvoir exécutif dans la conduite de la politique macroéconomique.
Arbitrages symboliques et rapport de force institutionnel
L'arbitrage des enveloppes budgétaires pour l'exercice 2027 illustre la redistribution des rôles au sommet de la puissance publique.
Dans le PLFI 2027, les services de la Présidence de la République bénéficient d'une rallonge de 19 milliards FCFA par rapport à l'exercice précédent. À l'inverse, le budget de l'Assemblée nationale subit une coupe nette, passant de 22,3 à 21,1 milliards FCFA.
Ce rabot budgétaire imposé à l'institution parlementaire intervient dans un climat marqué par la menace d'une dissolution constitutionnelle. Tandis que Sonko positionne son camp dans une posture d'opposition offensive en perspective de l'échéance présidentielle de 2029, le chef de l'État s'emploie à verrouiller son autorité institutionnelle et la continuité de l'action publique.
La rédaction



