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Fracture au sommet de l'État : OUSMANE SONKO ET LA MAJORITE PASTEF REJETTENT LA LFR 2026 ET MENACENT DE BLOQUER LE GOUVERNEMENT

La crise institutionnelle entre l'Exécutif et la majorité législative a franchi un seuil critique à la veille de la séance plénière de l'Assemblée nationale. À l'issue d'un conclave des cadres du parti Pastef, le président de la chambre basse, Ousmane Sonko, a posé un ultimatum au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô en déclarant le projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 « pas acceptable » en l'état.

Fracture au sommet de l'État : OUSMANE SONKO ET LA MAJORITE PASTEF REJETTENT LA LFR 2026 ET MENACENT DE BLOQUER LE GOUVERNEMENT© Politique & Finances publique

Fort de 130 députés sur 165, le chef du Pastef menace de rejeter purement et simplement le budget rectificatif si le gouvernement refuse de réviser sa copie, mettant en péril les engagements financiers internationaux du pays.

Le casus belli des subventions énergétiques et du prix du carburant

Au cœur de la fronde parlementaire figure l'arbitrage gouvernemental sur les aides d'État à l'énergie, imposé dans le cadre du plan d'assainissement négocié avec le FMI.

Le texte porté par le gouvernement prévoit de ramener l'enveloppe globale des subventions pétrolières de 790 milliards à 552 milliards FCFA en 2026, soit une baisse nette de 30 %.

Selon les projections du Pastef, cette baisse mécanique entraînerait une hausse immédiate du prix du litre de diesel, passant de 755 FCFA à près de 867 FCFA.

Pour Ousmane Sonko, imposer un tel choc tarifaire aux ménages pour éponger le passif de la « dette cachée » (hissée à 132 % du PIB) constitue une ligne rouge infranchissable dans le contexte d'inflation actuel.

Sous-pression du FMI et spectre d'une cohabitation conflictuelle

Ce veto de la majorité parlementaire place la présidence de Bassirou Diomaye Faye dans une équation politique et économique d'une extrême complexité.

Alors que Dakar a scellé un programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois avec le FMI, la baisse des subventions à l'énergie constitue la pierre angulaire des garanties de consolidation budgétaire exigées par Washington.

Un rejet ou un dénaturement du texte par la chambre paralyserait les premiers décaissements concessionnels.

Rejetant l'argument de la fatalité technocratique, Ousmane Sonko a proposé au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô un débat public contradictoire sur les choix budgétaires de l'État.

En exigeant le redéploiement des crédits vers les bourses de sécurité familiale et le Plan de redressement économique et social (PRES), le président de l'Assemblée installe de facto une dynamique de cohabitation non écrite au sommet de l'État.

La rédaction

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