Politique & Institutions : PASTEF ET L'APR FONT FRONT COMMUN CONTRE LES TRANSFUGES POLITIQUES
L'échiquier politique sénégalais offre un spectacle inédit. À l'approche des élections locales prévues en janvier 2027, le Pastef d'Ousmane Sonko et l'Alliance Pour la République (APR) de l'ancien président Macky Sall se retrouvent sur une position commune : freiner la vague de transhumance politique qui s'intensifie à travers le pays.
© Ousmane Sonko et l'ancien président Macky Sall se retrouvent sur une position communeUne convergence inattendue face au nouveau parti présidentiel
Selon des informations rapportées par Jeune Afrique, ces deux formations que tout oppose historiquement s'accordent désormais sur la nécessité de contrer les départs massifs de leurs militants et cadres vers Kiiraay, la nouvelle formation politique lancée par le président Bassirou Diomaye Faye. Pour marquer sa fermeté, la direction du Pastef a d'ores et déjà annoncé des sanctions contre tout maire ou élu local qui déciderait de changer de camp en cours de mandat.
Cette alliance de circonstance témoigne de la recomposition profonde de la scène politique depuis la rupture consommée entre le chef de l'État et le président de l'Assemblée nationale. Face aux velléités de nombreux responsables locaux désireux de se rapprocher du pouvoir central, d'anciens adversaires se voient contraints de coordonner leurs réponses pour préserver leurs bases électorales.
Vers un débat sur l'encadrement constitutionnel des mandats
Cette situation relance avec force la question du statut de l'élu et du nomadisme politique au Sénégal. Bien que des propositions émergent pour verrouiller sur le plan constitutionnel le changement d'appartenance politique en cours de mandat, l'adoption de telles mesures reste incertaine en raison des divergences d'intérêts entre les différents groupes parlementaires. Une chose est sûre : le climat politique s'annonce particulièrement sous tension d'ici la fin de l'hivernage.
La rédaction



