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Traitement ou restructuration de la dette : LE PASTEF EXIGE LA REDDITION DES COMPTES

Au lendemain de l'accord signé entre le Fonds monétaire international (Fmi) et le gouvernement sénégalais portant sur un nouveau programme triennal de financement de 2,2 milliards de dollars (1284 milliards de F Cfa), le Pastef a tenu une conférence de presse ce jeudi pour évaluer le traitement préconisé face au surendettement du pays, atteignant 119% du Produit intérieur brut (Pib).

Traitement ou restructuration de la dette : LE PASTEF EXIGE LA REDDITION DES COMPTES© Ayib Daffé, le président du Groupe parlementaire du Pastef

Le parti d'Ousmane Sonko exige toute la lumière sur cette dette, et incidemment celle dite « cachée », estimée à plus de sept mille milliards (7 000 000 000) de francs Cfa...

Comment en est-on arrivé là ? Le Pastef, par la voix d'Ayib Daffé, le président du Groupe parlementaire éponyme, a tenu d'emblée à reconnaître que si la restructuration de la dette sénégalaise pourrait apporter une bouffée d'oxygène à l'économie du pays qui croule sous le poids de l'endettement, il est tout aussi nécessaire de faire toute la lumière sur cette dette, en particulier sur la « dette cachée ».

Si le débat sur son existence n'est plus d'actualité depuis les derniers rapports du dernier bulletin statistique publié en juillet 2026 et fondés sur l'audit du cabinet indépendant Forvis Mazars, il reste à en situer les responsabilités, établir les infractions et sanctionner les fautifs. « La vérité doit être faite entièrement, les responsabilités doivent être situées individuellement et institutionnellement », a clamé Ayib Daffé.

Nécessité d'une reddition des comptes et d'une stratégie économique pour sortir le pays de l'ornière

Qui porte la responsabilité de la situation et qui en paiera le prix ? Pastef – Les Patriotes entend jouer pleinement son rôle dans la réponse à ces questions, notamment en mettant en place des commissions d'enquêtes parlementaires, en procédant à des auditions et des interpellations du gouvernement. Pour le président du groupe parlementaire Pastef, la question doit maintenant dépasser le simple stade de la controverse.

Le député Pastef rappelle, au passage, le cas de la Zambie qui, après plusieurs années de restructuration, synonyme d'austérité économique (hausse de la pression fiscale, baisse des subventions, réduction des investissements ou compression des dépenses sociales supportée principalement par les citoyens), n'est toujours pas sorti du surendettement.

Aussi bien, restructurer suppose la mise en place d'une stratégie économique conséquente pour produire davantage, exporter davantage, développer son industrie et son agriculture, soutenir les petites et moyennes entreprises, créer des emplois et transformer la croissance économique en recettes publiques.

« Les Sénégalais ne doivent pas payer deux fois ! »

L'austérité économique induite par la restructuration de la dette doit se faire sentir d'abord au niveau de l'Etat : réduction des dépenses improductives, rationalisation du fonctionnement de l'administration, amélioration de la qualité de la dépense publique, mobilisation plus équitable des recettes et sélection plus rigoureuse des investissements.

Pour rappel, le bulletin statistique publié en juillet 2026 évaluait l'endettement du secteur public à 25 583 milliards de francs CFA à fin 2024. La dette de l'administration centrale était estimée à 23 667 milliards de francs CFA, dont 16 894 milliards de dette extérieure.

Babacar GUEYE

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