Sénégal : LE NOUVEAU PM PRESENTERA SA DPG LE 08 SEPTEMBRE DANS UN CLIMAT DE DEFIANCE PARLEMENTAIRE
Annoncée pour le 1er septembre, la Déclaration de Politique générale (Dpg) du Premier ministre (Pm) se tiendra finalement, sauf surprise dernière minute, le 08 septembre prochain.
© Le Pm, Ahmadou Al AmineLe Pm, Ahmadou Al Amine, nommé il y a un peu plus de trois (3) mois devra faire face à un parlement majoritairement hostile sous la direction de son prédécesseur à la Primature, Ousmane Sonko, devenu président de l'Assemblée nationale après son éviction.
Le Pm avait annoncé sur le site de la Primature la date du 1er septembre pour la tenue de la traditionnelle Dpg à laquelle est assujettie tout nouveau gouvernement dans les trois (« ) mois qui suivent sa nomination. Le Président Diomaye Faye, qui devait fixer la date, n'a finalement convoqué les députés en session extraordinaire que le 1er, ce qui, légalement, rendait légalement impossible la tenue de celle-ci, l'Assemblée nationale devant procéder au préalable à la convocation des présidents de commission pour statuer sur ladite date dans les huit (8) jours qui suivent la convocation de la session.
Les députés, engagés dans un jeu de manches avec l'Exécutif depuis la nomination d'Ousmane Sonko au perchoir, n'ont pas manqué de le signifier et ont donc déroulé selon le calendrier républicain. Réunis hier, lundi 1er septembre, en session extraordinaire, ils ont décidé souverainement de la tenue de la Dpg le 08 septembre, le Président Diomaye Faye n'ayant fixé aucune date pour celle-ci.
Une Dpg sous haute tension
La Dpg est l'occasion pour le Pm de décliner sa feuille de route gouvernementale pour les trois (3) années à venir qui restent au mandat du Président Diomaye Faye. Chaque ministre devra, comme le leur a enjoint le Pm aujourd'hui en Conseil des ministres, décliner la feuille de route de sa politique.
Au lendemain de l'accord des services entre le fonds monétaire international et le gouvernement sénégalais survenu hier pour un nouveau programme de financement, après plus de deux (2) années d'âpres négociations dans le contexte de « la dette cachée », ou « des déclarations erronées » (misreporting) de l'ancien régime, ponctué par l'annonce par le ministre de l'Economie du lancement d'un Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (Ptds), nul doute que les débats risquent d'être houleux face à cette inflexion de la politique souverainiste prônée par Ousmane Sonko à la Primature.
Le Ptds, en lieu et place du Plan de Redressement économique et social (Pres) / « Jubbanti koom » du Pm d'alors, Ousmane Sonko, aura-t-il l'onction des parlementaires ? Déjà Ousmane Sonko, réagissant à l'accord avec le Fmi (dont ses détracteurs disent qu'il était le principal facteur bloquant), demande d'emblée la publication du mémorandum y afférant et exige une transparence totale sur les négociations qui y ont conduit.
Ne parlons pas des questions liées à la gestion des ressources naturelles du pays, pétrole, gaz et mines particulièrement, sur lesquelles le gouvernement d'Ousmane Sonko avait engagé un bras de fer avec les concessionnaires pour une renégociation des contrats signés sous l'ancien régime et jugés globalement léonins et au détriment du Sénégal.
Sur toutes ces questions et sur d'autres (comme l'inflation constatée depuis près de trois (3) mois et qui leste gravement le panier de la ménagère, les subventions sur le pétrole et le gaz, la tenue des échéances électorales à date échue, etc.), le Pm Al Amine Lô sera très attendu par une Assemblée nationale en fusion le 08 septembre prochain. Et une motion de censure n'est même pas exclure, ce qui conduirait à une instabilité institutionnelle dont le Sénégal n'a certainement besoin en ces temps de morosité économique.
Babacar GUEYE



