Tiktokerie sénégalaise : LA JUSTICE TRAQUE LES INSULTEURS PUBLICS ET CONSORTS
Il fut un temps, pas si lointain, ils étaient les stars de TikTok et leur live étaient suivis par des millions d'internautes sénégalais friands de vulgarités et de propos abjects, comme à la borne-fontaine. La justice sénégalaise a décidé de mettre un holà à cette foire d'insanités et mis le grappin sur plusieurs "personnalités" de la tiktokerie sénégalaise.
© Photo d’illustrationAdamo, le Boss di Negri, Kaliphone Sall, que l'ancien couple présidentiel Faye-Sall avait reçu en grandes pompes et qui se faisait passer pour leur fils, Serigne Bada, Ahmed Cissé, alias Serigne Nandité, Rox La Chancelière, Jessica, Anita, la catin assumée, Narou Kajoor, Adji Mass, l'ostentatoire quinqua au balcon siliconé, Nogaye Kara, Mimi, Ramz Yango, Awoush_Kitty, qui doit son succès principalement à l'exhibition de ses formes plantureuses à souhait, Mame Ndiaye Savon, l'inénarrable vendeuse de produits de dépigmentation, Maman Vulgaire, autre grande commerçante d'articles d'habillement, pour ne citer que ceux-là, se sont tous fait une réputation sulfureuse d'insulteurs hors normes sur le réseau chinois et des centaines de milliers de followers qui se bousculent régulièrement au portillon de leurs lives.
La plupart ont surfé sur l'affaire Adji Sarr, mais pas que ! Certains ont fait des insultes leur fonds de commerce pour, justement, écouler toutes sortes de marchandises et tiennent boutique sur le Net. Pour l'essentiel, ils sont à l'étranger et n'ont aucune intention pour l'heure de revenir au pays en raison des innombrables plaintes qui les y attendent.
Jessica, Rox, Narou et Nogaye Kara condamnées !
Sous les clameurs d'un public virtuel, partagé entre followers intéressés et groupies anonymes, ces influenceurs en été arrivés à développer une rivalité plutôt malsaine qui va se traduire bientôt en joutes verbales où le vulgaire se dispute au salace, la délation au chantage sans égard aux bonnes mœurs.
Courant 2023, la rivalité numérique, pour ainsi dire, entre trois stars du TikTok sénégalais, Rox la Chancelière, d'un côté, et Narou et Jessica d'un autre, atteint des niveaux de vulgarité qui heurtent la sensibilité. Elle conduit à des injures publiques lors de lives des différents protagonistes et va jusqu'à des menaces de mort, la divulgation de données personnelles mêlant la progéniture et l'entourage immédiat des commères du Net.
C'en était trop et les unes et les autres vont déposer auprès de dame Justice des plaintes croisées. En début septembre 2026, alors les rivalités n'ont pas baissé d'un cran, Rox, une professionnelle de la santé qui vit en Europe, et Jessica, que l'on présente comme une professionnelle du marketing et qui vit aussi en Europe, débarquent à Dakar. Elles sont toutes deux cueillies par les limiers de la cybercriminalité, en même temps que Narou.
Et, malgré le retrait conjoint de leurs plaintes après quelques jours de garde-à-vue, elles sont traduites en justice sur autosaisine du procureur. Elles seront, contre toute attente, condamnées pour association de malfaiteurs, injures publiques commises par un système informatique, menaces de mort, divulgation de données personnelles et atteintes à la vie privée.
La traque continue
Le ton est donné avec ces premières arrestations et les juges sénégalais se sont apparemment passés le mot pour ne plus laisser prospérer les injures publiques sur internet. Rien que durant ce mois d'octobre, elles ont été nombreuses les prétendues influenceuses de mauvaise conscience à répondre devant la justice pour leurs propos abjects. Noura Ba, influenceuse guinéenne, attend son procès pour injures publiques contre un groupe sur la base de la race ou de l'ethnie.
Nogaye Kara, qui avait abreuvé Mimi d'injures indicibles pour, dit-elle, défendre l'honneur bafoué de... Maman Vulgaire. Ndèye Leïla Sow a été condamné ce lundi à six (6) mois d'emprisonnement avec sursis, et un mois ferme pour avoir traité les imams de And Samm Jikko Yi de tous les noms d'oiseaux. Diodio Glow Skin, qui dirige une grande entreprise de cosmétiques, est repartie libre aujourd'hui après trois (3) jours de garde-à-vue, mais sous bracelet électronique pour cyberharcèlement, injures publiques, association de malfaiteurs, blanchiment d'argent, en complicité avec... Rox La Chancelière.
Ce dernier cas est symptomatique de la tournure que peut prendre cette traque des insulteurs publics du Net. Diodio Glow Skin, de son vrai nom Mame Diarra Thiam, femme d'affaires employant des centaines de personnes pour un business de cosmétiques apparemment lucratif, aurait versé des sommes d'argent, jusqu'à sept (7) millions, à des influenceurs comme Adamo, Kaliphone Sall, par le biais de Rox La Chancelière, pour casser du sucre sur le dos de concurrents.
Cette histoire, apparemment banale, d'injures publiques, peut ainsi à une concurrence déloyale, à un blanchiment de capitaux, sans compter les menaces de mort ou l'association de malfaiteurs, autre dit à des délits graves. Les influenceurs et autres influenceuses sont avertis, la justice sénégalaise veille désormais au grain. Et gare à ceux qui seraient tentés, pour une raison ou une autre, de les instrumentaliser...
Babacar GUEYE



