Justice & Réseaux Sociaux : 15 JOURS DE PRISON FERME POUR LE TIKTOKEUR KEYLOR
Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu son délibéré ce mercredi 4 novembre 2026 dans l'affaire opposant la Fédération nationale des boutiquiers du Sénégal (FNBM) au tiktokeur Papa Saliou Ciss, plus connu sous le pseudonyme Keylor.
© Justice & Réseaux SociauxPoursuivi pour collecte illicite de données personnelles, atteinte à la vie privée et diffusion de messages à caractère racial ou xénophobe, l'influenceur suivi par plus d'un million d'abonnés a été condamné à six mois de prison, dont quinze jours ferme, assortis d'une amende de 200 000 FCFA.
Origines de l'affaire et déroulement des faits
L'affaire remonte à la mi-août 2026, à la suite de la publication d'une vidéo virale sur TikTok dans laquelle Keylor accusait des commerçants d'origine guinéenne d'organiser un boycott coordonné des produits locaux sénégalais.
Face à la vague de réactions hostiles et d'intimidations en ligne découlant de ces accusations, la FNBM avait déposé une plainte formelle fin août.
Placé sous mandat de dépôt le 23 octobre, le créateur de contenu se disait sympathisant du mouvement Les Nationalistes, dirigé par le député Tahirou Sarr. Bien que cité par les avocats de la partie civile pour comparaître, ce dernier ne s'est pas présenté à l'audience.
Verdict et réactions des parties
Le jugement prononcé ce 4 novembre fixe une peine d'emprisonnement inférieure aux réquisitions du ministère public, qui réclamait trois mois de prison ferme.
Selon son conseil, Mᵉ Cissé, la peine de 15 jours ferme étant intégralement couverte par la détention provisoire effectuée depuis son arrestation le 23 octobre, l'influenceur doit recouvrer la liberté dès ce mercredi soir ou jeudi matin.
Le tribunal a débouté la fédération des boutiquiers de l'ensemble de ses prétentions financières, qui s'élevaient à 5 millions de FCFA de dommages et intérêts.
Ce procès s'inscrit dans un contexte marqué par la fermeté affichée des autorités sénégalaises face au regain de discours stigmatisants sur les réseaux sociaux, fermement condamnés par le gouvernement dans le cadre de la préservation de la cohésion sociale et de l'intégration sous-régionale.
La rédaction



