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Sénégal : OUSMANE SONKO COURBE L'ECHINE FACE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Nouveau coup de théâtre dans le feuilleton politique qui tient le Sénégal en haleine. Le Conseil constitutionnel vient de trancher le sort de la réforme constitutionnelle qui cristallisait toutes les passions, en prononçant son invalidation pure et simple. Contre toute attente, le président de l’Assemblée nationale et leader du Pastef, Ousmane Sonko, a réagi avec une retenue inédite, affirmant prendre acte d'une sentence qui « s’impose à tous ». Un véritable camouflet pour la majorité parlementaire, qui voit son offensive législative stoppée net par les sages de la haute juridiction.

Sénégal : OUSMANE SONKO COURBE L'ECHINE FACE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL© La recomposition du paysage politique sénégalais est en marche.

Le profil bas inattendu du président de l'Assemblée nationale

On le connaissait offensif, voire intransigeant face aux institutions judiciaires ; c’est un Ousmane Sonko étonnamment légaliste qui s’est exprimé sur sa page Facebook officielle. Évitant soigneusement de jeter de l’huile sur le feu ou de formuler la moindre critique acerbe, le chef du Parlement a joué la carte de la responsabilité républicaine : « Le Conseil constitutionnel vient de prendre une décision. Au-delà des commentaires et avis que peuvent susciter les motivations retenues, une seule chose reste : CETTE DÉCISION S’IMPOSE À TOUS ! Dont acte ! ».

Tentant de transformer ce revers en une démonstration de maturité démocratique, il a ajouté : « Ce cycle nous rappelle qu’en démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre d’action, aucune crise ne peut survenir ». Une manière habile de masquer ce qui s'apparente, pour de nombreux observateurs, à un cinglant désaveu politique pour le Pastef, à l'origine de ce texte voté dans le tumulte le 30 juin dernier.

Le « coup d'État constitutionnel » de Pastef brisé par les Sages

Pour l'entourage du président Bassirou Diomaye Faye, cette invalidation est une immense bouffée d'oxygène et la confirmation que la proposition de loi était, en réalité, une machine de guerre politique conçue exclusivement pour ligoter l'Exécutif. Pour rappel, le texte rejeté prévoyait notamment d'interdire au chef de l'État de diriger un parti politique, tout en transférant des pans entiers du pouvoir républicain vers la Primature et le perchoir de l'Assemblée nationale.

Aminata Touré, haute responsable de la coalition présidentielle, n'a d'ailleurs pas mâché ses mots pour démonter la stratégie de l'ancien Premier ministre : « [Les propositions faites] semblent viser à limiter l’influence du président de la République en augmentant les pouvoirs du président de l’Assemblée nationale ». En censurant cette loi, le Conseil constitutionnel redonne la main au locataire du Palais de l'Avenue Roume et fragilise durablement Ousmane Sonko dans ce bras de fer fratricide.

Affranchi, Bassirou Diomaye Faye lance son propre parti politique

Fort de ce arbitrage juridique en sa faveur, le président Bassirou Diomaye Faye a décidé de passer à la vitesse supérieure pour acter définitivement sa rupture avec la tutelle politique du Pastef. En conflit ouvert avec son ancien mentor, le chef de l'État prend son destin en main en annonçant la création imminente de sa propre formation politique.

Soutenu par la structure « Coalition Diomaye Président », ce nouveau parti aura pour mission de structurer la mouvance présidentielle et de fusionner, au sein d'un unique creuset, la nébuleuse de micro-partis, de mouvements citoyens et de déçus du sonkisme qui ont porté sa candidature en 2024. À travers cette structuration, Bassirou Diomaye Faye ne se contente pas de consolider son pouvoir actuel : il pose les jalons de sa propre machine électorale, les yeux déjà rivés vers la prochaine élection présidentielle. La recomposition du paysage politique sénégalais est en marche.

DDTv

 

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Rédaction DDTv·