Sénégal : LE REPORT DES ELECTIONS TERRITORIALES, UNE TRADITION POLITIQUE BIEN ANCREE
L'organisation des élections territoriales au Sénégal s'inscrit dans une longue série d'ajournements institutionnels.
© Le débat relancé pour l'échéance 2027Une étude rétrospective citée par le quotidien national Le Soleil rappelle qu'au moins cinq reports majeurs ont jalonnés l'histoire électorale du pays depuis 1984, sous différents régimes politiques.
Quatre décennies de décalages du calendrier électoral
Le calendrier des scrutins locaux a régulièrement fait l'objet d'aménagements législatifs ou réglementaires au gré des réformes et des contextes politiques :
Sous la présidence d'Abdou Diouf, le scrutin de 1984 a été retardé pour finaliser la généralisation des communes de plein exercice, tandis que les élections de 1995 ont été décalées d'une année pour accompagner le processus de régionalisation.
Sous l'administration d'Abdoulaye Wade, les locales prévues en 2001 ont été repoussées à 2002 dans le cadre du projet de provincialisation. Par la suite, l'échéance de 2007 a subi deux reports successifs jusqu'en 2009, en raison de contestations postélectorales et du boycott des législatives par l'opposition.
Sous la présidence de Macky Sall, un premier report de trois mois est survenu en 2014, avant que le scrutin attendu en 2019 ne subisse de multiples prorogations de mandat, aboutissant à une tenue effective du vote en janvier 2022.
Le débat relancé pour l'échéance 2027
Alors que le mandat des conseillers municipaux et départementaux s'achève au début de l'année 2027, la fixation de la date des prochaines élections alimente de nouveau les discussions politiques :
Du côté de l'opposition et de la société civile, les acteurs réclament la publication rapide des décrets réglementaires et l'organisation du scrutin à date chue.
Du côté du pouvoir exécutif, la responsable politique du camp présidentiel Aminata Touré tempère les inquiétudes en rappelant que le chef de l'État dispose des délais légaux pour arrêter et promulguer le calendrier officiel.
La rédaction



