Sénégal : L'AFFAIRE DES CHRONIQUEURS PRO PASTEF ACCENTUE LA PRESSION POUR L'ABROGATION DU DELIT D'OFFENSE AU CHEF DE L'ÉTAT
La condamnation prononcée mercredi 5 août contre trois chroniqueurs proches du parti Pastef suscite une vive vague de réactions au sein des organisations de la société civile.
© L'article 254 du code pénal sous le feu des critiquesReconnaissant des peines jugées disproportionnées à la suite de propos ciblant la personne ayant trahi le projet politique, les acteurs de la liberté d'expression réclament purement et simplement la suppression de cette disposition légale.
L'article 254 du code pénal sous le feu des critiques
Les défenseurs des libertés fondamentales dénoncent l'ambiguïté entourant la notion d'offense au chef de l'État. Selon Alfred Nkuru Bulakali, directeur régional de l'ONG Article 19, le flou juridique de l'article 254 confère un pouvoir d'interprétation excessif au ministère public, incitant les citoyens et les professionnels de l'information à une autocensure néfaste pour la vitalité démocratique.
Une coutume politique dénoncée par la société civile
Historiquement combattu par les formations d'opposition avant d'être maintenu une fois aux affaires, cet outil juridique est perçu comme une menace permanente planant sur les voix dissonantes. Le militant des droits humains Alioune Tine invite le président Bassirou Diomaye Faye à marquer une rupture historique en procédant à l'abrogation définitive de cette loi jugée dépassée.
Afin de lutter contre les excès et la désinformation sans pour autant recourir à l'emprisonnement ferme, les acteurs de la société civile préconisent l'instauration de sanctions alternatives telles que les amendes administratives ou les peines d'intérêt général.
La rédaction



