Émotion et colère nationale après un double féminicide en 24 heures : LES FEMINISTES ET LA SOCIETE CIVILE EXIGENT L'INCRIMINATION SPECIFIQUE DU FEMINICIDE
Le Sénégal replonge dans le deuil et l'indignation. En l'espace de moins de 24 heures, deux nouveaux crimes haineux et brutaux visant des femmes ont été perpétrés à Podor et à Thiès.
© Société & Droits des FemmesVenant s'ajouter à une série d'agressions mortelles particulièrement médiatisées au cours des dernières semaines, ces drames relancent avec une acuité brûlante le débat national sur la protection des femmes et la reconnaissance juridique explicite de la notion de « féminicide » dans le Code pénal sénégalais.
Une succession de drames barbares à Podor, Thiès et Dakar
L'enchaînement rapproché de ces actes d'une violence extrême suscite la stupeur et la colère au sein des communautés locales comme sur les réseaux sociaux.
Au quartier Lao Demba à Podor (région de Saint-Louis), le corps sans vie d'une jeune lycéenne, ligoté et enfermé dans un sac, a été découvert, provoquant une vive onde de choc. Une enquête judiciaire pour meurtre a été ouverte en urgence.
Presque simultanément à Thiès, une femme est décédée sous les coups répétés de son conjoint à la suite d'une dispute domestique.
Ces deux affaires surviennent quelques jours seulement après le décès, le 19 octobre, d'Astou Pierre (40 ans), qui a succombé à ses blessures après trois mois d'agonie consécutifs à une attaque à l'acide perpétrée par son ex-compagnon.
Le suspect ayant pris la fuite à l'étranger, des rassemblements portés par Amnesty International et des collectifs féministes ont battu le pavé à Dakar pour exiger un mandat d'arrêt international et justice pour la victime.
Appel à la réforme du Code pénal et urgence d'une réponse d'État
Face à ce que les observateurs qualifient de crise sécuritaire et sociale d'ampleur, la pression s'intensifie sur le gouvernement et la représentation nationale.
Plusieurs mouvements de défense des droits humains, dont l'organisation J-GEN Sénégal, militent activement pour la consécration du terme « féminicide » comme qualification pénale autonome et circonstance aggravante, à l'instar des législations pionnières sur le continent.
La société civile demande des mesures conservatoires immédiates : renforcement des capacités d'accueil des victimes de violences conjugales, ordonnances d'éloignement d'urgence systématiques et prise en charge psychologique et juridique intégrée.
Alors que le pays s'apprête à accueillir les JOJ 2026, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles s'impose comme une priorité absolue du débat public national.
N’Kwam



