Economie et pouvoir d'achat : LE SÉNÉGAL CLASSE 3è PAYS LE PLUS CHER D'AFRIQUE
Selon le baromètre comparatif publié par la plateforme Numbeo pour l'année 2026, le Sénégal se hisse au troisième rang des pays les plus chers du continent africain, seulement devancé par les Seychelles et la République démocratique du Congo. Dans la capitale sénégalaise, le coût moyen de la vie pour une personne seule atteint désormais près de 725 euros par mois (environ 475 000 FCFA) hors frais de logement.
© Économie & Pouvoir d'achatCe niveau de prix particulièrement élevé, tiré par l'ancrage du franc CFA à l'euro, la dépendance aux importations et la pression démographique urbaine, crée un décalage structurel avec le pouvoir d'achat réel des populations.
La campagne « 30 jours pour le juste prix » et la convergence avec la fronde syndicale
Face à l'érosion continue du pouvoir d'achat, les organisations de défense des consommateurs et les acteurs de la société civile ont durci leur stratégie de mobilisation.
Initiée en septembre 2026 à Dakar, la campagne « 30 jours pour le juste prix » s'est rapidement imposée dans le débat public. Portée par un collectif d'associations de consommateurs et relayée dans les grandes villes du pays, elle exige l'encadrement strict des marges commerciales, la baisse des taxes douanières sur les denrées de première nécessité (huile, riz, sucre, lait) et une revalorisation générale des grilles salariales.
Cette exaspération populaire s'est directement greffée sur les revendications du Front syndical pour la défense du travail (FSDT) et de la CNTS lors de la grève générale d'octobre 2026.
L'articulation entre griefs sociaux et contraintes budgétaires accentue la pression sur le gouvernement à la veille des arbitrages fiscaux de la Loi de finances rectificative (LFR).
Vulnérabilité régionale et essor des circuits informels dans la CEDEAO
La crise du pouvoir d'achat dakarois s'inscrit dans un tableau macroéconomique ouest-africain tendu par la volatilité des marchés internationaux et la réorganisation des flux commerciaux.
Dans l'espace sous-régional, les associations de consommateurs tirent la sonnette d'alarme face à la hausse ininterrompue des produits manufacturés et des intrants agricoles, aggravée hors zone UEMOA par la dépréciation des monnaies nationales.
Illustrant la recherche d'alternatives face aux prix prohibitifs des grands réseaux de distribution, les échanges informels transfrontaliers au sein de la CEDEAO représentent plus de 10 milliards de dollars.
Pour les ménages sénégalais confrontés à la hausse des coûts, ces circuits parallèles constituent une soupape de survie quotidienne face à l'asphyxie financière.
La rédaction



