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Tension institutionnelle : LE REFERENDUM CONSTITUTIONNEL ANNONCE POUR TRANCHER LE BRAS DE FER FAYE – SONKO

Le Sénégal s’apprête à vivre un nouveau grand rendez-vous démocratique, mais celui-ci s'annonce sous haute tension. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement décidé de soumettre au verdict populaire la réforme constitutionnelle qui secoue le pays. C’est le ministre de la Justice, Moussa Sarr, qui en a fait l'annonce solennelle devant la représentation nationale : le chef de l'État s'en remet à l'article 103 de la Loi fondamentale pour convoquer un référendum. Une décision lourde de sens qui intervient alors que le texte divise profondément la classe politique et fragilise l'axe Exécutif-Parlement.

Tension institutionnelle : LE REFERENDUM CONSTITUTIONNEL ANNONCE POUR TRANCHER LE BRAS DE FER FAYE – SONKO© Pour rappel, cette refonte institutionnelle prévoit un véritable basculement des forces.

Un texte né dans la douleur et le tumulte parlementaire

Portée par les députés du groupe parlementaire Pastef, cette réforme majeure a été adoptée dans une ambiance électrique le 30 juin 2026. L'examen du projet de loi, entamé le 24 juin à l'Assemblée nationale, s'est déroulé au rythme des invectives et des éclats de voix, illustrant la rupture désormais consommée entre le président Diomaye Faye et son ancien mentor, Ousmane Sonko, aujourd’hui juché au perchoir du Parlement.

Pour rappel, cette refonte institutionnelle prévoit un véritable basculement des forces. Elle transforme le Conseil constitutionnel en une Cour constitutionnelle élargie, tout en renforçant considérablement les prérogatives de l'Assemblée nationale et du Premier ministre (poste désormais occupé par le technocrate Ahmadou Al Aminou Lô). Surtout, elle attaque de front l'hyper-présidentialisme en imposant une séparation stricte entre la fonction de chef de l'État et toute activité partisane active.

L'appel au peuple : Arbitrage suprême ou passage en force ?

Face au tir nourri des critiques de l'opposition, le gouvernement avait tenté le 25 juin d'amorcer une désescalade en appelant à l'ouverture de concertations avec la société civile et les forces d'opposition. Une main tendue jugée insuffisante par les organisations citoyennes, qui continuent d'exiger une transparence totale et une réelle inclusivité dans ce processus de réécriture des règles du jeu républicain.

Dans ce contexte de blocage et de méfiance généralisée, le choix du référendum apparaît comme l'ultime stratégie politique du président Diomaye Faye. En court-circuitant le face-à-face délétère avec la majorité parlementaire fidèle à Ousmane Sonko, le chef de l'État cherche à obtenir une légitimité populaire directe. Reste à savoir si le peuple sénégalais utilisera ce bulletin de vote pour valider cette nouvelle architecture institutionnelle ou pour sanctionner la crise de commandement qui paralyse le sommet de l'État.

La Rédaction de DakarDirect.com

 

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