Réforme constitutionnelle au Sénégal : L'OPPOSITION DIT NON, DIOMAYE MISE SUR UN REFERENDUM
Adoptée le 17 août 2026 à l'Assemblée nationale, la réforme constitutionnelle divise le Sénégal. Face au rejet virulent de l'opposition, le président Bassirou Diomaye Faye opte pour un référendum afin de soumettre le texte directement aux citoyens.
© L'opposition dénonce une concentration des pouvoirsUne adoption dans un climat de tension
Le 17 août 2026, l'Assemblée nationale sénégalaise a voté la proposition de loi n°33/2026 portant réforme constitutionnelle. Le texte a été adopté à une majorité supérieure aux trois cinquièmes, franchissant ainsi le seuil requis. Mais cette victoire parlementaire ne dissipe pas la controverse politique qui entoure le projet.
La réforme intervient dans un contexte de profonde recomposition politique, marqué par la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Limogé fin mai, ce dernier a été élu à la tête de l'Assemblée nationale le 26 mai 2026, créant une configuration institutionnelle inédite dans l'histoire récente du pays.
L'opposition dénonce une concentration des pouvoirs
Les partis d'opposition ont vigoureusement rejeté la réforme constitutionnelle. Ils accusent le texte de concentrer davantage de pouvoirs entre les mains du président de la République, dénonçant une dérive autoritaire.
Des voix se sont également élevées dans les milieux juridiques. Rassoul Mbaye, membre du collectif Kiiraay, a critiqué une instrumentalisation politique du Conseil constitutionnel. Selon lui, l'analyse juridique aurait cédé la place à la communication politique.
Le président mise sur la voie référendaire
Pour contourner ces tensions et légitimer sa réforme, le président Diomaye Faye a annoncé son intention de soumettre le texte directement aux citoyens par référendum. Cette stratégie vise à obtenir l'aval populaire face à un Parlement devenu terrain d'affrontement politique.
La date du scrutin n'a pas encore été officiellement fixée, mais il devrait se tenir avant la fin de l'année 2026. Cette échéance sera déterminante pour l'avenir institutionnel du Sénégal.
Une cohabitation institutionnelle inédite
La situation actuelle illustre la complexité de la gouvernance sénégalaise depuis l'émergence de cette cohabitation inédite. D'un côté, Bassirou Diomaye Faye à la présidence ; de l'autre, Ousmane Sonko au perchoir de l'Assemblée nationale, incarnant un contrepoids institutionnel face à l'exécutif.
Les prochaines semaines seront décisives pour mesurer l'évolution de cet équilibre fragile et la capacité du chef de l'État à faire passer sa réforme constitutionnelle auprès du peuple sénégalais.
La rédaction



