Référendum : LE PROJET DE DIOMAYE FAYE SOUS LE FEU DES CRITIQUES ECONOMIQUES
Alors que le Président Bassirou Diomaye Faye envisage une révision constitutionnelle par référendum, l'économiste Meissa Babou tire la sonnette d'alarme sur la fragilité des caisses de l'État. Selon l'expert, ce scrutin imposerait une pression financière irrationnelle sur un Trésor public déjà asphyxié par plus de 5 000 milliards de francs CFA de remboursements de dette.
© Le projet du Président Bassirou Diomaye Faye de réviser la Constitution par voie référendaire se heurte à la dure réalité des chiffres et suscite de vives inquiétudes dans les milieux économiques. Le projet du Président Bassirou Diomaye Faye de réviser la Constitution par voie référendaire se heurte à la dure réalité des chiffres et suscite de vives inquiétudes dans les milieux économiques. Selon l'enseignant-chercheur à la FASEG de l'UCAD, Meissa Babou, l'organisation d'un tel scrutin risquerait d'être sérieusement compromise par la fragilité actuelle des finances publiques. L'économiste avertit que le chef de l’État fait monter une pression irrationnelle sur un Trésor public qui peine déjà à sortir des difficultés, particulièrement à l'approche d'un dernier trimestre de l'année 2026 s'annonçant extrêmement difficile.
Des caisses publiques sous haute tension budgétaire
Cette alerte sur les caisses de l'État se justifie par les nombreux engagements financiers que le Sénégal doit simultanément honorer dans le cadre de sa feuille de route budgétaire. Les autorités doivent en effet composer avec le Plan de redressement économique et social, le poids considérable de la subvention énergétique, mais surtout une lourde ardoise de remboursements de dette qui dépasse les cinq mille milliards de francs CFA. Face à de telles obligations, engager des dépenses massives pour une consultation électorale isolée apparaît comme un choix risqué et difficilement soutenable à court terme.
Un calendrier électoral surchargé face aux urgences sociales
Au-delà de l'aspect purement financier, l'opportunité de ce scrutin pose également question au regard d'un calendrier électoral national particulièrement dense pour les années à venir. Avec les échéances locales programmées dès le tout début de l'année 2027 et d'autres rendez-vous démocratiques d'envergure prévus jusqu'en 2030, voire 2032, la rationalité budgétaire aurait commandé de surseoir à ce projet. De nombreux observateurs estiment ainsi qu'il n'est pas opportun d'engager les ressources du pays dans un référendum uniquement destiné à faire passer des points particuliers, alors que les priorités économiques des ménages sénégalais restent urgentes.
La Rédaction de DakarDirect.com





