Crise politique au Sénégal : Faye exclut le Pastef de son nouveau gouvernement
Le président Bassirou Diomaye Faye a formé début juin un gouvernement sans le Pastef, parti d'Ousmane Sonko. Cette rupture spectaculaire avec l'ancien Premier ministre, désormais président de l'Assemblée, redéfinit les équilibres du pouvoir.
© UnsplashUn tournant politique inattendu
Le 1er juin 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a procédé à la nomination d'un nouveau gouvernement qui marque une rupture majeure avec ses origines politiques. Pour la première fois, le Pastef, parti qui l'avait porté au pouvoir, se retrouve exclu de l'équipe gouvernementale.
Cette décision écarte notamment Ousmane Sonko, ancien Premier ministre et figure emblématique du Pastef, qui occupe aujourd'hui la présidence de l'Assemblée nationale. La presse sénégalaise évoque un président « seul à la manœuvre » et mentionne même « des transhumants de l'intérieur » pour qualifier les tensions et repositionnements au sein de la majorité.
Une prise de contrôle directe du pouvoir
Cette recomposition gouvernementale traduit une volonté affirmée du chef de l'État de redéfinir l'orientation politique du Sénégal. Les observateurs politiques y décèlent une prise de contrôle directe du pouvoir par le président Faye, qui prend ainsi ses distances avec son compagnon de route de longue date.
La composition de la nouvelle équipe soulève de nombreuses interrogations quant aux équilibres institutionnels et à la place future du Pastef dans l'architecture du pouvoir sénégalais.
Le Pastef prépare sa riposte
Face à cette mise à l'écart, le parti Pastef a fixé au 6 juin 2026 la date de son congrès pour l'élection d'un nouveau président. L'organisation de cet événement a été confiée à la Haute autorité de régulation du parti (Harp).
Ousmane Sonko a appelé les militants à intensifier le travail et à renforcer l'unité, la fraternité et la discipline au service du projet de transformation nationale. Cette échéance constitue un jalon crucial pour la trajectoire politique du parti et la stabilisation du régime.





