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RDC : ENTRE 2 000 ET 5 000 TONNES D'URANIUM EXPORTEES EN SOUS-MAIN VERS LA CHINE AVEC LE COBALT

RDC : ENTRE 2 000 ET 5 000 TONNES D'URANIUM EXPORTEES EN SOUS-MAIN VERS LA CHINE AVEC LE COBALT© L'Agence Congolaise de l'Énergie Nucléaire reconnaît l'existence d'une faille dans le dispositif de contrôle le long de la chaîne logistique.

Une vaste enquête journalistique et scientifique publiée ce jeudi 30 juillet 2026 par Lighthouse Reports, le Financial Times et Le Monde révèle un scandale d'envergure internationale au cœur du Katanga. Selon une étude parue dans la revue Nature Communications, entre 2 000 et 5 000 tonnes d'uranium auraient été clandestinement exportées de la République Démocratique du Congo vers la Chine au cours des vingt dernières années, dissimulées dans des cargaisons d'hydroxyde de cobalt.

L'investigation s'appuie sur un document confidentiel de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique datant de 2009. Ce rapport d'alerte, resté secret jusqu'ici, soulignait déjà la présence massive d'uranium comme sous-produit non déclaré du cobalt congolais, alors même que l'exportation du minerai radioactif est strictement interdite par la loi du pays.

Une faille industrielle majeure sur le site géant de Tenke Fungurume

Le gisement de Tenke Fungurume Mining, propriété du groupe chinois Cmoc depuis 2016 après son rachat à l'américain Freeport McMoRan, se retrouve au centre des accusations. Des documents internes révèlent des concentrations en uranium atteignant jusqu'à 1 100 parties par million, soit quinze fois la limite légale autorisée à l'exportation.

Bien que la technologie à base d'acide phosphorique permettant d'isoler et de retirer l'uranium du cobalt soit parfaitement connue des ingénieurs, elle n'a jamais été déployée de façon systématique sur ce site. Tout en contestant fermement ces conclusions, l'entreprise chinoise affirme respecter scrupuleusement les normes internationales et les contrôles radiologiques.

L'aveu d'impuissance des autorités de Kinshasa et l'impact sanitaire

Face à ces révélations, l'Agence Congolaise de l'Énergie Nucléaire reconnaît l'existence d'une faille dans le dispositif de contrôle le long de la chaîne logistique. Les autorités sollicitent désormais des financements d'urgence pour équiper les postes frontaliers de portiques de détection de radioactivité.

Au-delà des enjeux géopolitiques et de la prolifération nucléaire, cette contamination soulève une crise sanitaire dramatique dans la région de Lubumbashi. Des études médicales documentent une explosion des malformations congénitales chez les nouveau-nés dont les parents travaillent dans ces exploitations minières.

La Rédaction

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