Présidentielle en Zambie : HAKAINDE HICHILEMA DONNE FAVORI MAIS SOUS HAUTE PRESSION DANS LES URNES
Ce jeudi 13 août 2026, près de 9 millions d'électeurs zambiens se rendent aux urnes pour renouveler le Parlement et élire leur chef de l'État. Cinq ans après la transition historique de 2021, le président sortant Hakainde Hichilema fait figure de favori face à treize concurrents.
© 5 ans après la transition historique de 2021, le président sortant Hakainde Hichilema fait figure de favori…Cependant, la hausse du coût de la vie, les incertitudes sur la participation des jeunes, la réorganisation de l'opposition et des polémiques autour du cadre électoral rendent l'issue plus indécise qu'anticipée.
Un bilan économique mitigé face au quotidien des ménages
Au pouvoir depuis 2021 après cinq tentatives infructueuses, celui que l'on surnomme « HH » met en avant un bilan macroéconomique solide : restructuration de la dette extérieure, consolidation des réserves de change, création de 50 000 postes dans la fonction publique et généralisation de la gratuité de l'enseignement primaire. Sur le terrain des libertés publiques, le gouvernement revendique l'abolition de la peine de mort et la fin du délit d'insulte au président.
Cependant, comme le souligne la politologue Nicole Beardsworth, la suppression des subventions sur l'électricité et les carburants a entraîné une hausse des dépenses courantes que la hausse des salaires n'a pas compensée. La baisse de l'inflation peine ainsi à se traduire concrètement dans le pouvoir d'achat des foyers.
Brian Mundubile, le challenger d'une opposition réorganisée
Face au chef de l'État, Brian Mundubile s'est progressivement imposé comme le principal opposant. Cet avocat et comptable de 55 ans, ancien ministre et chef de l'opposition parlementaire, est parvenu à rassembler sous sa bannière la plupart des structures du Front patriotique (PF). En alliance avec la Tonse Alliance depuis mai, il cible en priorité les travailleurs du secteur informel et les mineurs déçus du régime actuel, tout en se ménageant une solide base populaire dans la Copperbelt et les provinces du Nord et de l'Est.
Pour des observateurs comme O’Brien Kaaba, juriste à l'Université de Zambie, l'entrée tardive en campagne de Mundubile pourrait toutefois limiter sa notoriété à l'échelle nationale.
Inquiétudes sur le processus électoral et la participation
Le scrutin est également marqué par des critiques émanant de la société civile. Linda Kasonde, figure associative, ainsi que plusieurs organisations dénoncent des signes de recul démocratique, citant l'utilisation de lois sur la cybersécurité contre les voix critiques, des restrictions de rassemblement imposées à l'opposition et l'usage opportuniste de programmes publics pendant la campagne. De plus, l'instauration par la Commission électorale d'un calendrier de campagne restreint pour l'opposition et une controverse tardive sur la manière de marquer les bulletins ont suscité de vives interrogations.
Autre enjeu majeur : l'abstention, en particulier chez les jeunes et les travailleurs de l'économie informelle des grands centres urbains comme Lusaka. En 2021, la jeunesse avait joué un rôle clé dans l'élection d'Hichilema ; son niveau de mobilisation ce jeudi constituera un indicateur décisif.
Si les enquêtes suggèrent qu'Hakainde Hichilema conserve une longueur d'avance, la nervosité demeure palpable au sein du pouvoir, dans un pays historiquement coutumier des revers électoraux pour les régimes sortants.
La rédaction



