Politique/Société : LA COLERE NOIRE DES VICTIMES FACE AU RETOUR DE MACKY SALL, DIOMAYE FAYE ACCUSE DE « TRAHISON »
La visite éclair de Macky Sall à Dakar ce vendredi 17 juillet 2026 vire à la tempête politique et sociale. Loin de l'ambiance festive affichée par ses partisans à l’APR, le retour de l'ancien chef de l'État sur le sol sénégalais a réveillé les traumatismes des années de braise.
© Des mères de victimes brisent le silence.Pour les familles des défunts et les ex-détenus politiques, voir le tapis rouge déroulé à celui qu'ils considèrent comme le donneur d'ordres de la répression policière entre 2021 et 2024 est une insulte insupportable à la mémoire des disparus. Au micro de la DW, des mères de victimes brisent le silence, affirmant que cette venue rouvre une plaie béante alors que le deuil est impossible sans justice.
Le cri du cœur des opprimés d'hier
Pour la base sociale qui a porté l'alternance au pouvoir, l'incompréhension est totale. Des figures de la contestation, à l'image de Mabinta Bibi Djiba, emprisonnée à deux reprises sous l'ancien régime, rappellent au président Bassirou Diomaye Faye ses priorités constitutionnelles. Le message envoyé au Palais de la République est sans équivoque : avant de parler de réconciliation nationale ou de diplomatie, l'État doit impérativement situer les responsabilités et éradiquer l'impunité. Les collectifs de victimes estiment que valider cette visite institutionnelle équivaut à cracher sur le sacrifice de ceux qui sont tombés pour le changement.
La charge frontale de Guy Marius Sagna
Le malaise frappe désormais le cœur même de la majorité présidentielle. Guy Marius Sagna, député emblématique du Pastef, n’a pas mâché ses mots en qualifiant d'« énième déception » et de véritable trahison la posture actuelle du chef de l'État : La déclaration choc de Guy Marius Sagna : « Quelle déception que d'entendre que le président de la République va recevoir notre bourreau, le parrain de la torture, des assassinats et des détentions politiques. »
Cette fracture interne expose au grand jour le dilemme du pouvoir. Si les politologues soulignent que le dossier reste ultra-politisé — certaines franges du Pastef n'hésitant pas à pilonner Diomaye Faye pour le fragiliser —, le ressentiment populaire, lui, est bien réel. En choisissant d'apporter son onction à la candidature de Macky Sall pour le secrétariat général de l'ONU, le président sénégalais joue une carte internationale à haut risque, au prix d'un divorce émotionnel profond avec une partie de son propre électorat. Un séisme politique majeur, à suivre sur DDTv.
Source : DW



