Institution : L’ASSEMBLEE NATIONALE RELANCE LES HOSTILITES FACE A L’EXECUTIF ET LE PATRIMOINE DU CHEF DE L’ÉTAT
La trêve politique n'aura pas duré longtemps au Sénégal. L’Assemblée nationale vient de franchir une étape cruciale en déclarant recevables deux propositions de loi particulièrement explosives portées par les députés du parti au pouvoir, le Pastef.
© Ces initiatives législatives remettent sur le devant de la scène des questions ultra-sensibles...Ces initiatives législatives remettent sur le devant de la scène des questions ultra-sensibles qui touchent directement au cœur de la gouvernance et de la transparence de l'État : la gestion opaque des fonds politiques et l’obligation de reddition de comptes financiers pour le sommet de l’exécutif.
La première proposition de loi ambitionne de poser un cadre juridique strict et inédit pour encadrer l’utilisation et le contrôle des fonds politiques, un sujet qui alimente les controverses politiques depuis des décennies dans le pays. La seconde va encore plus loin en introduisant l’obligation formelle pour le président de la République de soumettre une déclaration complète de son patrimoine à la fin de son mandat, une mesure qui vise à garantir qu'aucune haute fonction publique ne serve à l'enrichissement personnel.
Conformément aux règles de la procédure parlementaire, le Bureau de l'Assemblée nationale a officiellement transmis ces deux textes au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le chef de l’État dispose désormais d’un délai légal de dix jours francs pour examiner les documents et émettre son avis officiel. Toutefois, dans ce jeu de forces institutionnel, cet avis présidentiel n’aura qu'une valeur purement consultative et ne pourra en aucun cas bloquer ou suspendre la suite du cheminement législatif dans l’hémicycle.
Cette double offensive parlementaire intervient dans un climat politique déjà lourd, marqué par des frictions récurrentes et de fortes divergences entre la présidence et les députés. Après les récentes vagues de contestations et les débats électriques entourant le projet de réforme constitutionnelle, l’examen de ces deux propositions de loi promet d'ouvrir un nouvel épisode de confrontation majeure entre les pouvoirs exécutif et législatif sénégalais.
La Rédaction de DDTv



