Sénégal : LA GREVE GENERALE DU FSDT MET L'ÉTAT AU DEFI AVANT LES JOJ DAKAR 2026
Le bras de fer entre le gouvernement sénégalais et le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) a pris une tournure critique avec le déclenchement, ce mercredi 21 octobre 2026, d'un mot d'ordre de grève générale de 72 heures. Rassemblant 13 organisations clés dans l'éducation, la santé, le supérieur et l'énergie (Senelec), la coalition a durci son action après la marche organisée la veille dans la capitale.
© Social & GouvernanceLa crise menace de perturber le fonctionnement des services stratégiques à dix jours de l'ouverture historique des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ Dakar 2026).
Réquisitions, renforts militaires et bataille des chiffres
Face à la paralysie redoutée des infrastructures de transport et d'énergie, l'Exécutif déploie un dispositif d'exception pour maintenir l'activité minimale.
Les autorités administratives, dont le gouvernorat de Dakar, ont délivré des arrêtés de réquisition visant les personnels de la Senelec et de la société nationale de transport public Dakar Dem Dikk. Des chauffeurs militaires ont été déployés aux commandes des bus pour tenter d'assurer la continuité des liaisons urbaines et interurbaines sous forte surveillance policière.
Le ministère de la Fonction publique conteste à nouveau la légalité du mot d'ordre et minimise l'impact du mouvement, avançant un taux de suivi de seulement 3,5 % dans les services de santé. À l'opposé, la direction du FSDT fait état d'un débrayage massif dans les écoles et les structures de soins, dénonçant l'illégalité des réquisitions contraintes.
Blocage institutionnel et arbitrages manqués
Le rejet syndical de l'appel au moratoire formulé par la Primature met en lumière la fracture entre la ligne gouvernementale et les partenaires sociaux.
Le Premier ministre a vainement sollicité une suspension des contestations pour trois mois afin de réamorcer les négociations financières. Les syndicats refusent tout report sans garanties écrites contraignantes portant sur l'application des accords salariaux, la revalorisation des retraites et le paiement des indemnités de logement.
Alors que le Comité d'organisation des JOJ s'active pour sceller des compromis sectoriels de dernière minute avec les centrales représentatives, l'intransigeance du FSDT accentue la pression sur l'appareil d'État, contraint de gérer une crise sociale aiguë en pleine préparation d'un événement diplomatique majeur.
La rédaction



