lundi 17 août--:--:-- GMT
Dakar Direct TV
International

Géopolitique : LE MONDE ARABE EN DEUIL APRES LA DISPARITION DU CHEIKH HAMAD BEN KHALIFA AL-THANI, LE PERE DU QATAR MODERNE

Une page d'histoire se tourne dans le Golfe. Le Diwan royal du Qatar a annoncé officiellement ce dimanche 12 juillet 2026 le décès de l'ancien souverain, le cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani. Celui que l'on surnommait « l'Émir père » s'est éteint après avoir régné sur le petit émirat de 1995 à 2013. C’est un deuil immense pour la nation gazière, qui perd le visionnaire absolu ayant transformé une presqu'île marginale et endettée en l'une des puissances financières et diplomatiques les plus influentes de la planète.

Géopolitique : LE MONDE ARABE EN DEUIL APRES LA DISPARITION DU CHEIKH HAMAD BEN KHALIFA AL-THANI, LE PERE DU QATAR MODERNE© Les chancelleries du monde entier saluent aujourd'hui la mémoire d'un géant de la diplomatie contemporaine.

D'un émirat au bord de la faillite au géant mondial du gaz

Le destin du cheikh Hamad bascule en 1995 lorsqu'il prend le pouvoir à la suite d'une révolution de palais sans effusion de sang, déposant son père, le cheikh Khalifa. À cette époque, le Qatar est un pays mineur, aux caisses de l'État désespérément vides. En l'espace de deux décennies, l'homme va opérer un miracle économique sans précédent en exploitant massivement les réserves sous-marines pour faire de son pays le leader mondial du gaz naturel liquéfié (GNL).

Pour faire fructifier cette manne colossale, il crée la Qatar Investment Authority (QIA). Ce fonds souverain mythique va injecter des centaines de milliards de dollars dans les fleurons industriels, immobiliers et sportifs occidentaux. C’est également sous son impulsion que Doha s’installe solidement sur le terrain humanitaire au Proche-Orient, en investissant massivement dans la reconstruction de la bande de Gaza, où un grand complexe hospitalier porte d'ailleurs son nom.

Al Jazeera et diplomatie du chéquier : Les armes de l'influence

Allié stratégique et indéfectible des États-Unis, qui y abritent leur plus grande base militaire au Moyen-Orient, le cheikh Hamad a magistralement orchestré la politique d’indépendance de son pays face aux géants saoudien et iranien. Son coup de génie géopolitique reste le lancement, dès 1996, de la chaîne d'information internationale Al Jazeera. Devenue le média le plus regardé du monde arabe, la chaîne s’est muée en un redoutable instrument d’influence globale (soft power), particulièrement lors des bouleversements des Printemps arabes.

Sur le plan intérieur, bien qu'il ait doté le pays d'une nouvelle Constitution en 2003 consacrant la séparation théorique des pouvoirs, il a veillé à maintenir le contrôle de l'Exécutif entre les mains de la dynastie Al-Thani, qui gouverne cette presqu'île de 2,5 millions d'habitants (majoritairement expatriés) depuis le XIXe siècle.

Une abdication historique et un héritage intact

En 2013, au sommet de sa gloire, le cheikh Hamad avait une nouvelle fois stupéfié le monde en abdiquant volontairement en faveur de son quatrième fils, l’actuel émir Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. Un geste d'une immense rareté dans une région moyen-orientale où les monarques s'accrochent traditionnellement au trône jusqu'à leur dernier souffle.

Retiré des affaires publiques et resté très discret depuis treize ans, l'Émir père laisse derrière lui un État souverain ultra-moderne de 11 437 km², qui a su s'imposer comme le carrefour incontournable des médiations internationales et du sport mondial. Les chancelleries du monde entier saluent aujourd'hui la mémoire d'un géant de la diplomatie contemporaine.

DDTv

 

Publicité
Partager

À lire aussi