lundi 17 août--:--:-- GMT
Dakar Direct TV
Économie

Éco & Géopo | Monnaie unique ECO : LE REFUS DE LA GUINEE COMPLIQUE L'EQUATION REGIONALE POUR 2027

C’est un revers diplomatique et financier majeur pour la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Par la voix du porte-parole de son gouvernement, Faya François Bourouno, la Guinée a officiellement annoncé ce jeudi 30 juillet 2026 son refus d'intégrer la future zone monétaire régionale. Conakry réaffirme ainsi sa volonté de conserver exclusivement le franc guinéen, à peine dix jours après le sommet de la CEDEAO à Freetown qui maintenait pourtant l'objectif d'un lancement de l'ECO pour 2027.

Éco & Géopo | Monnaie unique ECO : LE REFUS DE LA GUINEE COMPLIQUE L'EQUATION REGIONALE POUR 2027© Conakry réaffirme sa volonté de conserver le franc guinéen.

Le paradoxe d’une participation technique sans adhésion nationale

Cette prise de position crée une situation singulière au sommet de l'organisation. En effet, le président de la transition Mamadi Doumbouya siège activement au sein de la Task Force présidentielle chargée de piloter la feuille de route de cette monnaie commune. Le pays participe ainsi aux arbitrages techniques d'un outil financier dont il refuse l'usage sur son propre territoire. Le calendrier de la CEDEAO autorisant un démarrage progressif à géométrie variable, la Guinée choisit de rester en marge du premier noyau de pays volontaires.

L’or et la bauxite comme garants de la souveraineté de Conakry

L'exécutif guinéen justifie cette décision par un attachement historique à sa souveraineté monétaire, acquise dès 1960 après sa sortie de la zone franc. Sur le plan économique, le pays s'appuie sur la forte dynamique de ses exportations minières, tirées par l'or et la bauxite. Ces ressources garantissent des réserves de change confortables à la Banque Centrale de Guinée, permettant au pouvoir de piloter sa propre politique financière sans dépendre des fluctuations de ses voisins.

Un espace monétaire fragmenté qui fragilise la future devise

Cette défection guinéenne affaiblit la portée et la crédibilité de l'ECO sur les marchés internationaux, alors que de nombreuses incertitudes persistent sur le statut de la future banque centrale régionale et le régime de change définitif. Ce retrait s'ajoute à celui des pays de l'Alliance des États du Sahel, privant ainsi l'ensemble du projet d'un vaste espace géographique et économique au cœur de l'Afrique de l'Ouest.

La Rédaction

Publicité
Partager

À lire aussi