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Déclaration de Politique générale : LE SENEGAL SOUS TUTELLE DU FMI DU FAIT DE SON SURENDETTEMENT ?

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a sacrifié ce mardi à la tradition républicaine de la Déclaration de Politique générale consistant à présenter sa feuille de route à l'assemblée des députés.

Déclaration de Politique générale : LE SENEGAL SOUS TUTELLE DU FMI DU FAIT DE SON SURENDETTEMENT ?© Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo

Le Pm a annoncé que le pays gardait le cap de la politique défini par le Pres, le plan mis en place par son prédécesseur, Ousmane Sonko, mais que les méthodes changent sous son magistère...

En formant son gouvernement sur les ruines de celui de son prédécesseur à la Primature, Ousmane Sonko, passé quelques jours plus tard au perchoir de l'Assemblée nationale, Ahmadou Al Aminou Lo, précédemment ministre d'Etat auprès du Président Diomaye Faye, chargé du Suivi du Plan référentiel Sénégal 2050, après avoir été Secrétaire général du gouvernement, n'avait pas pu compter sur le parti des Patriotes africains du Sénégal pour le Travail, l'Ethique et la Fraternité (Pastef) suite à la rupture du tandem Diomaye / Sonko.

Aussi, surtout après les désaccords répétitifs entre l'Exécutif et la majoritaire parlementaire qui ont marqué ces derniers mois, on craignait que la Déclaration de Politique générale (Dpg) d'Al Aminou Lo devant un Parlement hostile ne se termine en motion de censure. Il n'en a rien été !

Le cap du Plan Sénégal 2050

La raison en est toute simple : dès l'entame de son discours, le Pm Al Aminou Lo a tenu à rassurer les parlementaires sur son arrimage au Plan Sénégal 2050 comme référentiel pour la transformation du Sénégal en un pays souverain, juste et prospère. Non sans insister sur le fait qu'en sa qualité de Secrétaire général du gouvernement, puis de ministre d'Etat chargé du Suivi du Plan Sénégal 2050, il a participé à l'élaboration dudit plan.

Le nouveau Pm s'engageait donc à rester en droite ligne du Plan Sénégal 2050 qui représente la mise en œuvre opérationnelle et stratégique du programme Diomaye Président, le programme pour lequel le Président Diomaye Faye avait été élu en mars 2024. Toutefois, le Pm n'a pas manqué de préciser que si le référentiel est resté le même, les méthodes, elles, vont changer.

La touche de l'économiste et du banquier ou la méthode Al Aminou

Ancien agent de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) et membre de l'institution bancaire en qualité de Secrétaire général, avant d'être appelé au gouvernement par le tandem Diomaye / Sonko, Al Aminou Lo entend mettre cette expérience au service de sa nouvelle fonction de chef du gouvernement. « Nous quittons la logique du catalogue pour un portefeuille resserré de projets à fort impact sélectionnés par un dispositif unique : la banque de projets, financer autrement en respectant la discipline budgétaire, la mobilisation de ressources nouvelles, la rationalisation des dépenses publiques, l'orthodoxie dans l'endettement et la gestion des finances publiques », tels sont les axes à partir desquels la méthode Al Aminou compte se décliner.

Certains députés ont vu cependant derrière cette méthode Al Aminou « une mise sous tutelle du Fonds monétaire international (Fmi) », ce que le député Guy Marius Sagna a caricaturé en Diomaye ou Kiiraay formula.

Le Fmi : un mal pour un bien !

Ces grands axes de la feuille de route du Pm reprennent quasiment les recommandations du Fmi pour une transparence budgétaire surtout après l'épisode de la fameuse « dette cachée ». C'est bien bien cette « dette cachée » de sept mille milliards (7 000 000 000 000) de francs Cfa qui a conduit à la situation de surendettement du pays à hauteur de près de 130% du Produit intérieur brut (presque le double des standards autorisés par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest - Cedeao).

C'est cette même « dette cachée » qui avait conduit à la suspension du programme de financement du Fmi. L'accord technique de services entre le Sénégal et le Fmi d'un nouveau programme triennal de 2,2 milliards de dollars, survenu la semaine dernière, est perçu par de nombreux observateurs et par la majorité des parlementaires comme la caution à cette mise sous coupe réglée du Fmi et, donc, un renoncement à la souveraineté du pays de la Téranga.

Le Pm Al Aminou Lo a indiqué que si le pays était au « 4ème sous-sol » sous la Primature d'Ousmane Sonko, il en est aujourd'hui au 5ème. En atteste le retard de paiement de 1956 milliards auquel le pays fait face aujourd'hui, selon Al Aminou Lo ! Pis encore, la dégradation de la note du pays contribue à son surendettement, l'exposant à des taux d'intérêts prohibitifs pouvant atteindre... 60%.

Ce que le Pm a appelé en wolof « suul bu ki, sulli bu kii » et qui consiste à s'endetter pour honorer d'autres dettes ne fera qu'empirer la situation économique du pays qui pourrait se retrouver en défaut de paiement ou, pire encore, en banqueroute. L'option de se faire accompagner par le Fmi, dont le Sénégal fait partie des 199 Etats-membres, sans pour autant renoncer à sa souveraineté (ce qui est une autre paire de manches), constitue donc le moindre mal en l'état actuel.

Babacar GUEYE

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