Tempête au Ministère de l’Enseignement Supérieur : CINQ DIRECTEURS DEMISSIONNENT EN BLOC FACE A BOUBACAR CAMARA
C'est un véritable séisme administratif qui secoue le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. À peine un mois après sa nomination le 1er juin dernier, le nouveau ministre Boubacar Camara, ancien secrétaire général du gouvernement, fait déjà face à une fronde sans précédent. Dans un geste de défiance d'une rare coordination, cinq des plus hauts directeurs généraux du département ont annoncé leur démission collective ce mardi 14 juillet 2026.
© Dans les couloirs du ministère, l'analyse de cette crise dépasse le simple cadre académique.Une démobilisation massive des cerveaux de l'administration
Cette vague de démissions concomitantes décapite presque entièrement les directions clés du ministère. Les personnalités qui ont décidé de claquer la porte sont des figures académiques de premier plan :
- Le Professeur Abdoul Aziz Diouf, directeur général de l'Enseignement supérieur (DGES)
- Le Professeur Babou Diène, directeur de l'Enseignement supérieur public (DESPub)
- La Professeure Mame Penda Ba, directrice du Financement des établissements d'enseignement supérieur (DFEES)
- Le Professeur El Hadji Omar Thiam, directeur des Études et de la Coopération (DEC)
- Le Professeur El Hadji Samba Ndiaye, directeur des Affaires académiques et juridiques (DAAJ)
Le point de rupture : Les programmes « Espoir-Jeunes » et « Un étudiant, un ordinateur »
Au cœur de cette discorde nationale se trouvent les nouvelles orientations stratégiques imposées par le ministre Boubacar Camara. Les démissionnaires dénoncent vigoureusement les modifications apportées aux programmes phares « Espoir-Jeunes » et « Un étudiant, un ordinateur ».
Selon ces hauts fonctionnaires, les décisions du nouveau ministre menacent de saboter les réformes juridiques déjà bien avancées et de compromettre le processus de refondation de l'université sénégalaise. Un processus qui avait pourtant été rigoureusement tracé par l’Agenda national de transformation de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (ANTESRI).
Une énième réplique du séisme politique Faye-Sonko ?
Dans les couloirs du ministère, l'analyse de cette crise dépasse le simple cadre académique. Contactée par notre rédaction, une source interne, haut cadre du département ayant requis l'anonymat, pose une question cruciale : cette fronde ne serait-elle pas une nouvelle déclinaison de la guerre ouverte que se livrent le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko ?
Pour cette même source, il n'y a pourtant « pas de quoi fouetter un chat » dans les nouvelles directives de Boubacar Camara. Ce constat laisse planer l'ombre d'une instrumentalisation politique où l'administration universitaire deviendrait le nouveau terrain d'affrontement par procuration entre les deux têtes de l'ancien couple exécutif. Une chose est sûre, cette paralysie au sommet du ministère de l'Enseignement supérieur tombe au plus mauvais moment pour les étudiants sénégalais.
Babacar GUEYE



