Souverainisme minier : CONAKRY INAUGURE LA NIMBA GOLD REFINERY ET INTERDIT L'EXPORTATION D'OR BRUT
La Guinée a franchi ce dimanche 1ᵉʳ novembre 2026 un cap décisif dans sa politique de transformation locale des ressources minières.
© Inauguration de la Nimba Gold Refinery (NGR) à Conakry, consacrant le passage au raffinage local de l'or en Guinée. Source : ConflitsLe gouvernement de transition a officiellement inauguré à Conakry la Nimba Gold Refinery (NGR), sa toute première raffinerie d'or nationale, concrétisant la stratégie annoncée en juin dernier par le président Mamadi Doumbouya d'interdire toute exportation du métal précieux à l'état brut.
Une rupture stratégique avec l'extraction brute
La mise en service du complexe industriel NGR répond à une volonté de captation de la valeur ajoutée sur le sol national, dans un pays figurant parmi les grands producteurs continentaux aux côtés du Ghana, du Mali, de l'Afrique du Sud et du Burkina Faso.
Lors de la cérémonie, le ministre des Mines, Bouna Sylla, a acté ce changement de doctrine : "Depuis des siècles, la Guinée a exploité et a exporté l’or à l’état brut [...] cette époque est révolue."
Sur les 70 tonnes d'or extraites en Guinée en 2025, 20 tonnes provenaient des exploitations industrielles et semi-industrielles. L'objectif immédiat fixé par les autorités est d'assurer le raffinage local d'au moins 30 % de cette production globale.
Encadrement du secteur artisanal et lutte contre les fuites de capitaux
Outre le secteur industriel, l'enjeu majeur réside dans la traçabilité des 50 tonnes d'or issues de l'orpaillage artisanal informel.
Selon l'Observatoire guinéen des mines et des métaux (OGMM), une fraction importante de la production artisanale échappait jusqu'ici au contrôle de l'administration minière via des réseaux transfrontaliers menant notamment vers le Mali.
La nouvelle réglementation contraint désormais l'ensemble des acteurs à faire traiter leur production au sein des structures agréées sur le sol guinéen avant tout acheminement vers les marchés internationaux.
Alignement sur la dynamique régionale de souveraineté minière
En concrétisant ce projet, Conakry emboîte le pas au Burkina Faso, qui a inauguré sa propre raffinerie nationale en septembre dernier, traduisant une volonté partagée par plusieurs États ouest-africains de rééquilibrer les contrats extractifs.
Cette offensive sur l'or s'inscrit dans un cadre minier plus vaste, la Guinée disposant également des plus grandes réserves mondiales de bauxite, du gigantesque gisement de fer de Simandou, ainsi que de ressources confirmées en diamants et en uranium.
La rédaction



