Société : COLERE ET MOBILISATION BRUYANTE A DAKAR CONTRE LES FEMINICIDES
L’émotion est vive et la colère noire dans les rues de la capitale sénégalaise. Ce dimanche après-midi, un collectif de femmes et de jeunes filles a bravé le pavé dakarois pour crier leur ras-le-bol face à une effroyable recrudescence des violences de genre. Le déclencheur de cette mobilisation ? Un double drame innommable survenu en l’espace de seulement 24 heures les 9 et 10 juillet : les meurtres barbares d'une jeune femme et d’un bébé de deux ans, portant à au moins neuf le nombre de femmes tuées depuis le début de l’année 2026.
© Le Présidentr Bassirou Diomaye Faye avait inscrit le mot « féminicide » dans l'agenda national.Une poignée de militantes pour un impact retentissant
Elles n’étaient pas plus d’une vingtaine de manifestantes, mais leur détermination a fait vibrer le centre de Dakar. Porté par des figures de proue du mouvement féministe local, le rassemblement a multiplié les slogans percutants : « Le silence, ça suffit ! », « La mort ne vous appartient pas ! ». À travers ces cris de détresse et de révolte, la militante Aminata Libain Mbengue et ses camarades ciblent directement l'inaction des pouvoirs publics.
Les manifestantes rappellent avec amertume les promesses présidentielles. Lors de son allocution officielle du 31 décembre dernier, le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye avait solennellement inscrit le mot « féminicide » dans l'agenda national, promettant des mesures fortes pour endiguer ce fléau. « Jusqu'à présent, on attend toujours. On voudrait savoir combien de femmes, combien de filles devront mourir encore pour que l'État du Sénégal prenne ses responsabilités », s'est indignée la porte-parole du mouvement.
L'exigence d'une reconnaissance pénale face au « mutisme » d'État
Au-delà de la douleur, c’est le traitement social et médiatique de ces meurtres qui scandalise les collectifs. Les militantes dénoncent une banalisation systémique, où ces crimes de sang sont trop souvent relégués au rang de simples faits divers ou de « drames conjugaux » par la presse. Le meurtre et le viol présumé de la fillette de deux ans par trois individus a constitué le point de non-retour. Pour le collectif, l’absence de réaction officielle ou de communiqué du ministère de la Famille et des Solidarités est un véritable scandale d’État.
Les revendications sont claires, nettes et sans compromis :
- L'inscription du terme "féminicide" comme un crime spécifique au sein du Code pénal sénégalais, au même titre que le parricide ou l'infanticide.
- La mise en place immédiate d'actes forts et de mécanismes de protection d'urgence pour les femmes et filles vulnérables.
- Une communication systématique des autorités à chaque fois que l'horreur frappe.
La manifestation s'est dissoute après quelques minutes de sit-in, mais le mot d'ordre lancé résonne comme une menace pour l'Exécutif : les féministes promettent de descendre dans la rue à chaque fois qu’une femme tombera sous les coups, jusqu’à ce que justice et protection soient définitivement garanties. La Tanière sociale est en ébullition.
La Rédaction de DDTv



