Santé publique : CINQUANTE FEMMES OPEREES A L'HOPITAL ABASS NDAO DANS LE CADRE D'UNE MISSION DE CHIRURGIE REPARATRICE
L’hôpital Abass Ndao de Dakar franchit une étape importante dans l'accompagnement des victimes de mutilations génitales féminines. Grâce à une mission humanitaire débutée le vendredi 17 juillet, cinquante femmes ont déjà bénéficié d'une chirurgie réparatrice en l'espace de trois jours. Cette initiative, qui se poursuivra jusqu'au 24 juillet, est menée en partenariat avec une association caritative ivoirienne regroupant des chirurgiens et des anesthésistes.
© Malgré ces avancées significatives, le défi financier demeure colossal.Le docteur Raymond Alipio, médecin chef de la maternité de l'établissement, précise que cette action s'inscrit dans le cadre d'un programme de prise en charge globale lancé il y a quatre ans. L’équipe médicale ivoirienne assure non seulement le financement intégral des interventions, mais collabore activement avec les praticiens sénégalais, favorisant un précieux transfert de compétences.
Pour offrir un suivi adapté, l'hôpital a mis en place un centre spécialisé proposant une approche holistique. Les patientes bénéficient d'un accompagnement psychologique, d'un suivi sexologique et de séances en groupes de parole avant toute démarche chirurgicale. Le docteur Alipio souligne toutefois que la chirurgie n'est pas systématique. Certaines femmes retrouvent un équilibre grâce à l'accompagnement psychologique, tandis que d'autres nécessitent une opération en raison de complications sévères telles que des kystes clitoridiens, des fistules ou des fibroses.
Malgré ces avancées significatives, le défi financier demeure colossal. L'hôpital Abass Ndao compte actuellement plus de quatre cents dossiers de patientes en attente. L'objectif de l'établissement est de prendre en charge entre trois cent cinquante et quatre cent cinquante femmes par an, mais les ressources manquent. Le coût moyen d'une prise en charge complète est évalué à deux cent cinquante trois mille francs CFA par patiente, un montant forfaitaire couvrant les examens, l'intervention, l'hospitalisation, les traitements et le suivi spécialisé.
L'intervention chirurgicale, dont la durée varie de trente minutes à une heure et demie selon la complexité des cas, permet généralement un retour à domicile vingt quatre heures après l'opération. Cette campagne met en lumière l'engagement des équipes médicales face aux séquelles des mutilations génitales féminines, tout en rappelant l'ampleur des besoins sanitaires au Sénégal.
La Rédaction de DDTv
Source : Agence de Presse Sénégalaise



