Prix Goncourt 2026 : « C'ETAIT ÇA OU MOURIR », OU L'ERE DU SOUPÇON LITTERAIRE
Ce vendredi, l'Académie Goncourt, faisant presque contre mauvaise fortune, bon cœur, a officiellement retiré le best-seller de la rentrée littéraire 2026 de sa première sélection après des soupçons d'utilisation de l'Intelligence Artificielle (IA) pour la rédaction de l'ouvrage et des accusations de plagiat de l'auteur d'il y a plus d'une dizaine d'années.
© Thélyson OrélienAprès « C'était ça ou mourir », plus rien ne sera comme avant dans la littérature, à tout le moins celle d'expression française. Publié au Canada en août 2026, ce roman du Canado-Haïtien, Thélyson Orélien, a connu en moins de deux (2) semaines la consécration des critiques d'abord, devenant le best-seller de cette rentrée littéraire et remportant le prix du roman Fnac en septembre 2026, puis la descente aux enfers suite à des soupçons d'utilisation massive, voire intégrale de l'IA.
« Balance ton Claude »
Présélectionné par le Goncourt 2026, « c'était ça ou mourir » a ensuite retiré de la liste après une vive controverse qui débute le 21 septembre dernier. Ce lundi, le compte X, « Balance ton Claude » (qui fait référence à l'application IA « Claude »), révèle que le roman aurait massivement fait recours à l'utilisation de l'IA, entre 90 et 100% et ne serait donc pas l'œuvre originale de Thélyson Orélien. La polémique enfle, d'autant plus que l'auteur se défend pour le moins de façon timide. J'ai toujours aimé la création et l'écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine », se justifie-t-il.
Bientôt des accusations de racisme viennent soutenir l'auteur. Philippe Claudel, le président du jury du Goncourt, s'interroge même sur le timing de cette révélation. Les nombreux critiques littéraires qui ont adoubé l'opus n'y auraient vu que du feu, à l'exception de quelques-uns qui se limitent à souligner le caractère stéréotypé de la rédaction, sans plus. Et lorsque le jeudi 24, le Figaro révèle que l'auteur du post sur le compte « Balance ton Claude » serait un certain Samuel Fitoussi, chroniqueur du journal et essayiste, cela ne fait qu'ajouter au clair-obscur de cette affaire.
Samuel Fitoussi argue que cette alerte sur X se justifie par sa crainte, ainsi que celle des cinq (5) auteurs collectifs du post, de voir « qu'après plusieurs millénaires de civilisation fondée sur l'écrit, l'IA provoque la disparition de la lecture et de l'écriture ». Sauf que ce Fitoussi serait aussi un investisseur dans le groupe qui a créé Pangram, l'application qui a été utilisée pour « prouver » que « C'était ça ou mourir » était l'œuvre d'une IA... Qui pis est, Samuel Fitoussi serait très proche des idées d'extrême-droite.
Les critiques se sont fait avoir !
Les accusations d'utilisation d'IA sont bientôt par d'autres plus graves, comme pour sauver la face des critiques littéraires qui se seraient fait avoir par la machine. Dans des articles de l'auteur publiés plus de dix (10) ans auparavant, on relève des plagiats par-ci, par-là. Quatre phrases ou formules, tout au plus, malheureuses qu'un jeune auteur de vingt-quatre ans aurait copiées-collées dans des articles publiés dans certaines revues précipitent la descente aux enfers de celui qui était il y a peu considéré comme « un écrivain majeur de son temps » et dont l'ouvrage, « C'était ça ou mourir », était en compétition pour de prestigieuses nombreuses distinctions (Medicis, Femina et Renaudot).
L'Académie Goncourt a donc décidé ce vendredi de retirer l'ouvrage de la présélection en raison des « plagiats dont son auteur s'est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d'être révélés, ainsi que du résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi mettant en évidence le fait que « C'était ça ou mourir » est selon toute vraisemblance très largement le produit d'une intelligence artificielle ». De même, les tournées de promotion de la maison d'édition Grasset ont été annulées...
Babacar GUEYE



