Ouverture du 3è Sommet Russie-Afrique à Moscou : LE KREMLIN DEPLOIE SON "SOFT POWER" ET TENTE DE CONCRETISER SES PROMESSES STRATEGIQUES
Le coup d'envoi du troisième Sommet Russie-Afrique a été donné ce mercredi 28 octobre 2026 au cœur de la capitale russe. Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, Moscou accueille pour deux jours de rencontres de haut niveau 48 délégations africaines, dont 22 chefs d'État et de gouvernement.
© Géopolitique & Relations internationalesDans un cadre prestigieux s'étendant du Gostiny Dvor — situé à quelques pas de la Place Rouge — jusqu'au Grand Salon du Kremlin, Vladimir Poutine engage un marathon diplomatique intensif pour réaffirmer l'ancrage géopolitique de la Russie sur le continent.
Un parterre de dirigeants clés et une diplomatie d'influence active
Malgré une participation équivalente à l'édition de 2023 mais en deçà de l'engouement initial de 2019, le Kremlin est parvenu à réunir un noyau solide d'alliés stratégiques et de nouveaux partenaires continentaux.
Les présidents centrafricain Faustin-Archange Touadéra et congolais Denis Sassou-Nguesso enregistrent leur troisième participation. Côté sahelien, le Malien Assimi Goïta et le Nigérien Abdourahamane Tiani sont présents à Moscou, tandis que le Burkina Faso est représenté par son Premier ministre. Le président malgache Michaël Randrianirina effectue également le déplacement.
Aux côtés de Vladimir Poutine, le président burundais Évariste Ndayishimiye prend la parole en sa qualité de président en exercice de l'Union africaine. En marge de la quarantaine de forums d'affaires regroupant près de 4 000 entrepreneurs, le chef du Kremlin conduit une vingtaine d'entretiens bilatéraux, incluant des tentatives de médiation diplomatique, notamment entre l'Éthiopie et l'Érythrée.
Du triptyque « Paix-Sécurité-Développement » à l'enjeu des technologies critiques
Si le sommet reconduit la doctrine traditionnelle axée sur la coopération sécuritaire et le partenariat économique, Moscou cherche désormais à répondre aux attentes de concrétisation formulées par les capitales africaines.
Malgré les accords signés lors des éditions précédentes, la présence économique russe demeure concentrée sur les exportations d'hydrocarbures, de céréales et d'équipements de défense vers un cercle restreint de pays.
Comme l'a reconnu le conseiller du Kremlin Youri Ouchakov, l'enjeu réside dans la capacité à accélérer l'investissement direct et la diversification des partenariats.
Pour marquer cette troisième édition, l'accent est mis sur la souveraineté numérique et le transfert de compétences. Une déclaration conjointe portant sur la coopération dans le domaine de l'intelligence artificielle doit être adoptée à l'issue des travaux le jeudi 29 octobre, scellant une nouvelle orientation stratégique dans le partenariat sino-russe et africain.
La rédaction



