Meurtre rituel dans la ville sainte de Tivaouane : LA JEUNE NDEYE BIGUE SENE EXECUTEE AVEC UN BEC DE « NAW NAW »
Partie à Tivaouane chez sa mère pour fêter le Maouloud (fête de la naissance du prophète Mohamed (Psl)), Ndèye Bigué Sène était loin de s'imaginer qu'elle y vivrait une mésaventure tragique qui lui coûtera la vie dans la nuit du vendredi au samedi dernier...
© Hélas, la jeune fille a échoué à l'examen, mais ne se doutait guère que ce n'était que le début de son calvaire.Le drame de la jeune Ndèye Bigué Sène, 20 ans, commence réellement au mois de juillet dernier lors du baccalauréat 2026. A la veille de l'examen du bac, sa mère, résidant à Tivaouane, la met en rapport avec le dénommé B. Ndiaye, un ancien pêcheur reconverti en marabout, pour des prières et autres libations d'usage pour s'assurer d'obtenir le sésame. Hélas, la jeune fille a échoué à l'examen, mais ne se doutait guère que ce n'était que le début de son calvaire.
Demeurant à Keur Massar chez son oncle, elle s'était rendue il y a quelques jours dans la ville sainte de Tivaouane, lieu de ralliement de centaines de milliers de fidèles musulmans, tidianes pour la plupart, pour la célébration annuelle de la naissance du prophète Mohamed (Paix et Salut sur lui).
Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 août, la jeune Ndèye Bigué est contactée par B. Ndiaye qui avait gardé le contact avec la famille, malgré l'échec au bac. Ce dernier lui donne rendez-vous vers 20 heures par le canal de sa mère. Ce sera la dernière fois que Ndèye Bigué sera vue vivante par ses proches. Jusqu'au samedi, plus aucune nouvelle d'elle jusqu'à ce que la police soit informée vers 14 heures de la présence sans vie d'un corps dans la brousse contiguë au quartier Seico.
Aveux glaçants d'un crime rituel
Le cadavre découvert, couché sur le dos, et présentant des traces de blessures est bien celui de la candidate malheureuse au bac. Interrogée, sa mère révélera avoir été contactée par le marabout B. Ndiaye qui lui demandait des nouvelles de sa fille.
Ce dernier, trouvé chez lui, avouera avoir parlé au téléphone à la jeune fille au téléphone le vendredi 21, sans que les traces de cet entretien ne puissent être retrouvées dans le journal de l'appareil téléphonique. La police du commissariat urbain le place alors en garde en vue et commence à le cuisiner pour en avoir le cœur net. Et devant les éléments de preuves recueillis par les limiers, le marabout finit par craquer et passer à table, mais ce qu'il va leur révéler va leur glacer le sang.
Si, au début, les soupçons s'étaient portés sur un viol qui s'est mal terminé, les enquêteurs seront éberlués par les aveux du présumé coupable. Selon lui, il aurait commis le meurtre en suivant les instructions d'un charlatan du nom de Coulibaly qu'il aurait rencontré de manière fortuite dans un transport en commun lors d'un voyage à l'intérieur du pays. Celui-ci lui aurait promis la fortune s'il arrivait à tuer une jeune vierge et à recueillir son sang. Coulibaly lui aurait remis un bec de « naw naw » (bec ou dent d'espadon), avec lequel il devait procéder au sacrifice rituel de la vierge, et deux bouteilles, l'une vide et l'autre contenant un liquide qu'il devait lui administrer au préalable.
Après administration du liquide à la jeune fille, le marabout devait lui planter deux (2) coups sous le sein gauche, deux (2) dans le dos et un autre au cou, avant de l'achever par strangulation. La bouteille vide de Coulibaly, elle, devait servir à recueillir le sang de la victime... B. Ndiaye a révélé avoir ainsi procédé et être resté pendant plus d'une heure auprès du corps de la jeune fille avant de rentrer chez lui, non sans se débarrasser du téléphone de téléphone de Bigué Ndiaye le long de la voie ferrée, à un endroit dont il ne se souvenait plus exactement.
En attendant l'autopsie du corps, qui pourrait révéler d'autres sévices, et d'autres éléments de preuves, le charlatan a été placé sous mandat de dépôt ce dimanche.
Babacar GUEYE



