Mali : LE JOURNALISTE ABDRAHAMANE KEÏTA CONDAMNE A DEUX ANS DE PRISON FERME A BAMAKO
Le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Keïta, a été condamné lundi 14 septembre par le Pôle spécialisé de lutte contre la cybercriminalité à deux ans de prison ferme, un an avec sursis et une amende d'un million de francs CFA.
© Le DP Abdrahamane Keïta a été condamné à deux ans de prison ferme.La justice malienne reproche au professionnel des médias des propos tenus lors d'une émission télévisée consacrée à la situation sécuritaire dans la région de Kidal.
Motifs d'incrimination et réactions corporatives
La décision pénale s'inscrit dans un contexte de contrôle accru des discours publics relatifs aux opérations militaires dans le Nord du pays.
Le tribunal a retenu les infractions de diffusion de fausses informations et de délit à caractère régionaliste susceptible d'porter atteinte à l'unité et au crédit de l'État, à la suite des déclarations du journaliste affirmant sur l'antenne de Renouveau TV que la ville de Kidal se trouvait sous le contrôle effectif du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM).
Placé sous mandat de dépôt le 9 juin dernier, l'arrestation du directeur de publication avait suscité de vives protestations au sein des organisations de défense de la liberté de la presse. Ses conseils juridiques ont formellement annoncé leur intention d'interjeter appel du jugement.
Contexte stratégique et contestation des faits
L'affaire illustre les tensions autour de la couverture médiatique des évolutions du front militaire au nord du Mali.
Lors des audiences, Abdrahamane Keïta a soutenu avoir simplement rapporté une situation factuelle sans exprimer de soutien aux insurgés, rappelant que la localité stratégique de Kidal demeure sous la pression combinée des combattants du JNIM et du Front de libération de l'Azawad (FLA) après le retrait des éléments d'Africa Corps.
Les arguments de la défense n'ont pas fléchi la position du tribunal spécialisé, reflétant la ligne d'intransigeance adoptée par les autorités de transition face aux analyses remettant en cause la communication officielle sur la souveraineté territoriale.
La rédaction



