Société : ENTRE INFLATION MASQUEE ET DESTRUCTIONS D'EMPLOIS, LA PRESSION MONTE SUR LE POUVOIR D'ACHAT AU SENEGAL
Derrière la relative stabilité d'un taux d'inflation officiel affiché à +0,3 %, le quotidien des ménages sénégalais s'alourdit face à la hausse brutale des denrées alimentaires et aux suppressions d'emplois dans les secteurs public et parapublic, suscitant de vives inquiétudes au sein de la population et de la classe politique.
© Plus de 100 milliards FCFA ont été alloués à des domaines prioritaires...Le panier de la ménagère à l'épreuve des prix
Selon des données rapportées par Dakaractu le 11 août 2026, l'indice officiel des prix à la consommation dissimule une réalité bien plus complexe sur les marchés. La flambée marquante du prix des légumes pèse lourdement sur le budget des foyers, creusant un fossé grandissant entre les indicateurs statistiques et le pouvoir d'achat réel. Cette situation s'inscrit dans un contexte régional sous tension : la BCEAO prévoit en effet une accélération de l'inflation à +1,2 % au sein de l'UEMOA pour le mois d'août 2026, principalement tirée par le coût des denrées alimentaires.
Vague de licenciements et précarité de l'emploi
Sur le plan social, les voyants rouges se multiplient également. Lors d'une interpellation adressée le 10 août 2026 au ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, le député Mbaye Dione a vivement dénoncé une vague de licenciements d'envergure dans les structures publiques et parapubliques sous la gouvernance actuelle. Selon ses estimations, plus de 30 000 postes auraient été supprimés, tandis que plusieurs organismes font état de retards de paiement de salaires. Ces tensions surviennent alors que le chômage a progressé de 1,2 point au premier trimestre 2026, frappant de plein fouet la jeunesse, les femmes et les populations rurales.
Les attentes face au plan de relance gouvernemental
Pour désamorcer la crise, l'exécutif dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô mise sur la stratégie d'investissement public impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye. Plus de 100 milliards FCFA ont ainsi été alloués à des domaines prioritaires afin de dynamiser l'économie. Cependant, face à l'urgence sociale, syndicats et partenaires économiques réclament des retombées immédiates et tangibles sur l'emploi ainsi que sur la baisse du coût de la vie.
La rédaction



