Sénégal : L'INFLATION RALENTIT A 0,3 % EN JUILLET 2026, MAIS LA HAUSSE DES PRIX DES LEGUMES PESE SUR LES MENAGES
Si les statistiques officielles affichent une relative accalmie sur le front des prix, le quotidien des consommateurs sénégalais reste marqué par de fortes tensions sur les produits de première nécessité.
© La préoccupation liée au pouvoir d'achat demeure l'un des sujets majeurs du débat public national.En juillet 2026, l'Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) a enregistré une progression annuelle de seulement 0,3 %, marquant ainsi son niveau le plus bas depuis mai 2025. Toutefois, ce chiffre global dissimule une réalité plus complexe, caractérisée par une hausse marquée du coût des légumes qui pèse directement sur le budget des foyers.
Des chiffres officiels modérés face à la réalité des marchés
Selon le rapport publié le 11 août 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la modération de l'inflation globale s'explique en partie par le repli des prix des produits alimentaires (−0,4 % sur un an) ainsi que du poste logement et charges utility (−0,8 %).
Cependant, cette baisse apparente masque d'importantes disparités internes : le coût de plusieurs variétés de légumes a connu une envolée significative, impactant en priorité les ménages à faibles revenus dont la majeure partie du budget reste consacrée à l'alimentation de base.
Par ailleurs, d'autres secteurs d'activité enregistrent des hausses continues :
- Boissons alcoolisées et tabac : +11,8 %
- Restauration : +2,2 %
- Éducation : +1 %
Parallèlement, la masse monétaire globale (englobant la circulation fiduciaire et les dépôts) s'est établie à 12 287 milliards FCFA à la fin du mois de juillet 2026, affichant une croissance de 15,4 % sur un an. Si cette dynamique reflète une vitalité du crédit, ses effets bénéfiques sur la demande des consommateurs tardent encore à se manifester.
Le défi de la régulation et des filières locales
La préoccupation liée au pouvoir d'achat demeure l'un des sujets majeurs du débat public national. Tandis que les autorités mettent en avant les résultats de leur politique de maîtrise de l'inflation, les réalités observées sur les marchés populaires de Dakar révèlent des écarts sensibles.
Face à ce constat, les associations de défense des consommateurs plaident régulièrement pour une meilleure compétitivité de la production maraîchère locale et un encadrement renforcé des circuits de distribution, identifiés comme des solutions clés pour stabiliser durablement le coût de la vie.
La rédaction



