Football/Contrat de Pape Thiaw : LES COULISSES D’UN CHANTAGE FINANCIER EN PLEIN MONDIAL
C’est un déballage hallucinant qui secoue la planète football au Sénégal. Alors que le limogeage du sélectionneur Pape Thiaw et de tout son staff a été acté au milieu de la nuit de samedi à dimanche, les langues se délient enfin. Les coulisses de la réunion d’urgence du Comité exécutif (Comex) de la Fédération sénégalaise de Football (FSF) ont mis en lumière les détails d'un feuilleton financier surréaliste. Entre menaces de boycott, négociations au sommet de l'État et surenchères de dernière minute, les révélations sur la signature du contrat du coach national frôlent l'indécence en pleine Coupe du monde 2026.
© Pape Thiaw décide d'utiliser le timing du Mondial américain pour faire plier ses dirigeants.L'arbitrage du Président Diomaye Faye à quelques heures du décollage
L’histoire commence par une situation déjà très inconfortable : resté cinq mois sans salaire à la tête des Lions de la Téranga après le sacre continental lors de la CAN en décembre 2025, Pape Thiaw décide d'utiliser le timing du Mondial américain pour faire plier ses dirigeants. En juin 2026, à quelques jours d'embarquer pour les États-Unis, le sélectionneur pose un ultimatum : pas de signature, pas d’avion.
Alerté dans la précipitation, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, se saisit personnellement du dossier. Lors d'un échange téléphonique direct, le chef de l’État parvient à convaincre le technicien de revoir ses ambitions à la baisse. Thiaw accepte de ramener ses exigences salariales de 50 à 30 millions de FCFA mensuels. Sur la base de cet accord verbal présidentiel, les Lions s'envolent enfin pour les États-Unis. Mais ce n'était que le premier acte d'un incroyable bras de fer.
La surenchère américaine : Près de 2 milliards de FCFA de primes exigés !
Une fois sur le sol américain, et alors que la Tanière vacille après une défaite cinglante en match d'ouverture face à la France, Pape Thiaw revient à la charge. À la veille d'affronter la redoutable Norvège d’Erling Haaland, le sélectionneur pose sur la table des exigences financières astronomiques.
Selon les révélations fracassantes de Bakary Cissé, chargé de la communication de la FSF, le technicien réclame alors :
- 440 millions de FCFA de prime de signature.
- 500 millions de FCFA de primes spéciales.
- 1 milliard de FCFA de bonus en cas de victoire finale au Mondial.
- Un package d’avantages physiques : un véhicule de fonction, 200 litres de carburant par mois, une dotation téléphonique de 200 000 FCFA mensuels et une assurance maladie privée.
Soit un pactole colossal de 1 milliard 940 millions de FCFA de primes exigé en pleine tempête sportive.
Le coup de force à 6 heures du coup d'envoi face à la Norvège
Devant le refus logique de la tutelle, de nouvelles négociations à bâtons rompus s'engagent en urgence. Pape Thiaw consent à une seconde baisse : une prime de signature ramenée à 120 millions de FCFA (payée par tranches trimestrielles de 30 millions), une prime complémentaire de 180 millions de FCFA (lissée sur 3 ans) et 1 % des dotations FIFA en cas de sacre mondial. Surtout, le sélectionneur verrouille ses arrières en exigeant un parachute doré correspondant à huit mois de salaire garanti en cas de licenciement, quel qu’en soit le motif.
La FSF plie, mais tente d'introduire un garde-fou : une clause de performance fixant l'objectif d'atteindre les demi-finales de la Coupe du monde. C'est le coup de théâtre. À seulement six heures du coup d'envoi du match crucial contre la Norvège, Pape Thiaw refuse catégoriquement cette clause de résultats. Prise à la gorge et redoutant un cataclysme interne en pleine compétition, la fédération capitule et signe le contrat au forceps.
240 millions de FCFA pour partir : Le hold-up parfait ?
Quelques semaines plus tard, le fiasco sportif est consommé avec l'élimination traumatisante face à la Belgique en seizièmes de finale. Mais sur le plan financier, le désormais ex-sélectionneur s'en sort avec les honneurs. En vertu de la clause de rupture qu'il a imposée à six heures du match de la Norvège, Pape Thiaw repartira avec un chèque de 240 millions de FCFA, représentant ses 8 mois de salaire de dédit.
Cette affaire laisse un goût particulièrement amer aux supporters sénégalais et met en lumière les défaillances managériales abyssales d’une fédération qui s'est laissé dicter ses conditions au détriment de l'intérêt national. Le grand déballage ne fait que commencer à Dakar.
Babacar GUEYE



