Fifa : SA COTE AU PLUS BAS, GIANNI INFANTINO CONVOQUE UNE REUNION DE CRISE AU MAROC CE MERCREDI
© L'Italo-Suisse, Gianni Infantino, Président de la Fédération internationale (Fifa)La réunion de ce mercredi n'est pas ouverte à la presse et aucune annonce n'en a été faite, mais l'Agence France Presse a relevé une procession de Van aux vitres teintées à l'entrée du complexe Mohamed VI de la ville de Salé, près de la capitale marocaine, Rabat.
De la Fifa Forward Enterprise au désaveu mondial
Les choses se sont accélérées pour le « nouvel ami » du Président Donald Trump en un peu plus d'une semaine, mais certainement pas dans le sens souhaité par le grand manitou du football mondial, l'Italo-Suisse, Gianni Infantino, en poste à la tête de la Fédération internationale de Football Amateur (Fifa) depuis 2016 et à quelques mois d'une réélection que l'on croyait assurée d'avance.
En marge des incidents qui ont marqué l'organisation conjointe de la grand-messe du football mondial aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada (problèmes de visas d'entrée pour les délégations participantes et leurs supporters principalement, supposées ingérences politiques américaines, soupçons sur l'arbitrage à l'égard de certaines sélections, etc.), c'est l'annonce du mardi 28 juillet qui a mis le feu aux poudres.
Ce jour-là, le président de la Fifa, Gianni Infantino, a fait part de son projet de déléguer les activités commerciales de l'instance internationale à un conglomérat de privés en vue de booster le potentiel financier du football amateur. Suffisant pour entrainer une levée de boucliers de l'Union des Associations européennes de Football (Uefa) qui y voyait une marchandisation du football au profit d'entités privées. La Confédération de Football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) n'a pas mis longtemps pour emboiter le poids à l'Uefa, suivie par la Confédération asiatique de Football (Afc). Le retrait du projet polémique n'a pas suffi à faire retomber la tension autour de la gestion du football mondial, l'Uefa allant même jusqu'à réclamer la tête d'Infantino et l'Afc exigeant une remise à plat de cette gestion.
Soupçons de corruption
La Fifa Forward Enterprise (Ffe) entendait lever près de vingt (20) milliards d'euros annuellement et reverser annuellement près de vingt (20) millions aux fédérations nationales membres de cette manne financière. Dernièrement, d'aucuns ont relevé également que les revenus de l'Italo-Suisse passeraient de cinq (5) millions d'euros par an à près de cinquante-cinq (55) millions. De quoi donner du crédit à Michel Platini pour qui Infantino, contre qui il a porté plainte pour « dénonciation calomnieuse », ne s'intéresserait qu'à l'argent. La dernière sortie du président de la Fédération jordanienne de Football, le prince, Ali Ben Al Hussein, qui a été par le passé un prétendant à la présidence de la Fifa, vient ajouter du grain à moudre aux contempteurs d'Infantino. Selon lui, on lui aurait suggéré en haut lieu de l'instance faitière du football international que son soutien à la réélection d'Infantino serait appréciable dans l'optique de régler les problèmes inhérents à la participation de la Jordanie à la Coupe du monde 2026.
Au total, à l'orée cette réunion au Maroc, pays candidat à l'organisation de la Coupe du monde 2030 en compagnie du Portugal et de l'Espagne, la côte d'Infantino est au plus bas. Le monde du football reste suspendu aux conclusions de cette réunion de crise.
Babacar GUEYE



