Etats-Unis : SOUPÇONNE DE CORRUPTION, UN SENEGALAIS ACCUSE D'AVOIR FLOUE DES INVESTISSEURS A HAUTEUR DE +1 MILLIARD DE FCFA !
Le Département américain de la Justice (Doj) poursuit le Sénégalais Amadou K.D., résident permanent aux Etats-Unis, pour... 18 chefs d'inculpation allant de la fraude électronique à la corruption internationale d'agents étrangers.
© 18 chefs d'inculpation allant de la fraude électronique à la corruption internationale…Patron des entreprises Virtual Advisors LLC. et Liquide Inc. aux Etats-Unis d'Amérique, Amadou K.D., un Sénégalais ayant résidence permanente au pays de l'Oncle Sam, se trouve dans de beaux draps. La justice fédérale américaine a engagé contre lui 18 chefs d'inculpations, dont quinze (15) pour fraudes électroniques, deux (2) pour des transactions portant sur des produits d'origine criminelle et un pour corruption d'agents étrangers.
Quatre (4) autres chefs d'inculpation portant sur des transferts de fonds suspects évalués à 193 000 $ (110 millions F Cfa) avaient été abandonnés au mois de février.
Des éléphants blancs pour berner des investisseurs
Selon l'accusation, qui a été déposée en mai 2023, Amadou K. D., aurait convaincu plusieurs investisseurs pour financer des projets dans les secteurs de la technologie, de la santé, de l'immobilier et des services destinés à la diaspora africaine. Amadou K. D. signait avec les investisseurs des contrats qui leur promettaient un rendement minimal de 10%, le remboursement de leur capital ou la possibilité de transformer leur créance en participation dans l'entreprise.
Selon l'accusation, onze (11) investisseurs auraient versé à Amadou K. D. ou à ses entreprises plus d'un milliard de francs Cfa (1,88 millions de dollars), mais à ce jour, les promesses n'ont pas été tenues et aucun d'eux n'a revu la couleur de son argent, encore moins un quelconque bénéfice.
La belle vie d'Amadou K.D.
L'accusation insiste sur le fait que pour flouer ses « clients », Amadou K. D. se présentait comme un des Africains les plus riches d'Amérique et louait une résidence à Laguna Niguel, une ville résidentielle du compté d'Orange, en Californie, juchée sur les collines de San Joaquin et dont le tiers de la superficie est tapissée de parcs et espaces naturels protégés.
Selon l'accusation, l'argent des investisseurs aurait servi en grande partie à financer le luxe de celui qui s'activait dans le commerce électronique et les technologies de l'information. Ainsi, il aurait acquis une Rolls-Royce Ghost et d'une Ferrari 458 Spider pour, respectivement, 133 778 et 177 185 $ (75 millions et 100 millions F CFA).
L'argent des investisseurs, que certains ont puisé dans leur pension de retraite, aurait donc permis, selon l'accusation, à Amadou K.D. de mener la belle vie aux Etats-Unis : location d'une résidence de luxe, véhicules de luxe, vêtements, restaurants, clubs de sport, spas et achats en ligne. L'escroc présumé aurait même soutenu devant ces investisseurs qu'il avait les moyens de financer en fonds propres ses projets, mais que leur apport au capital servirait à rassurer des partenaires financiers comme les banques et les Fonds d'investissement.
Corruption de dirigeants étrangers
L'autre volet de l'accusation concerne la corruption de dirigeants étrangers, précisément deux (2) ministres des gouvernements de Macky Sall. Un délit particulièrement réprimé aux Etats-Unis par la loi fédérale du Foreign Corrupt Practices Act (Fcpa) qui vise la corruption d'agents publics étrangers en général.
Le premier ministre impliqué aurait bénéficié durant un séjour aux Etats-Unis d'avantages financiers de l'une de sociétés de Amadou K. D., notamment le paiement d'un déplacement en hélicoptère pour aller suivre un match des Lakers en Nba, ainsi que ses déplacements aux Etats-Unis, son hébergement et divers loisirs pour ses divertissements. Le second ministre aurait, quant à lui, reçu la promesse de cinq (5) véhicules de luxe pour une campagne politique lors du séjour de l'homme d'affaires au Sénégal en décembre 2018.
Selon l'accusation, ces faveurs auraient été accordées dans le but d'obtenir une assiette foncière. Et même si l'accusation n'établit pas si les véhicules ont été livrés ou même que l'assiette foncière ait été obtenue, il n'en reste pas moins des délits au regard du Fcpa. En effet, celui-ci réprime également l'offre ou la promesse d'une offre dès que le parquet en démontre l'infraction qui y est subordonnée.
Une audience est présumée le 10 septembre prochain pour l'examen d'une requête de la défense d'Amadou K. D. s'appuyant sur les expertises de cabinets établissant que les flux financiers sont parfaitement légaux, mais le parquet en demande le rejet en considérant que les dites expertises ont été communiquées trop tard et qu'elles ne respectent pas les règles permettant d'en vérifier la fiabilité et d'interroger les auteurs.
Babacar GUEYE



