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Dakar : NOUVELLE PLAQUE TOURNANTE DU TRAFIC INTERNATIONAL DE DROGUE

Un reportage du journal Le Monde fait en immersion dans le monde du trafic de drogue à Dakar. Cannabis et produits dérivés (marijuana, haschich, skunk), cocaïne, crack et produits de synthèse comme le kush (appelé ici « suus »), médicaments dont l'usage est détourné se vendent désormais comme des petits pains dans la capitale sénégalaise et même à l'intérieur du pays. En cause, Dakar serait devenu une sorte de « rebond » pour le trafic international en provenance de l'Amérique latine vers l'Europe principalement.

Dakar : NOUVELLE PLAQUE TOURNANTE DU TRAFIC INTERNATIONAL DE DROGUE© Dakar, le nouveau « rebond » africain du trafic international de drogue

Dans la deuxième semaine du mois de juillet, votre site www.dakardirectv.com vous informait de la saisie record au port du Havre, en France, de 2,5 tonnes de cannabis, représentant plus de six (6) fois l'ensemble des saisies maritimes des douanes françaises en la matière sur l'année 2025 (www.dakardirectv.com/article/trafic-saisie-record-de-2-5-tonnes-de-cannabis-au-port-du-havre-en-provenance-de-dakar).

Dans la nuit du 26 au 27 novembre 2023, plus de trois (3) tonnes de cocaïne avaient été saisies par les douanes sénégalaises, dissimulées dans quinze (15) voitures qui attendaient tranquillement d'être dépotées au port de Dakar. Ces saisies, loin d'être des évènements isolés, sont le signe d'un trafic international intense dont la capitale sénégalaise est devenue la plaque tournante.

Dakar, le nouveau « rebond » africain du trafic international de drogue

 Le reportage du journal nous apprend que plus du tiers (1/3) du trafic de drogue en Europe transite par les ports ouest-africains, celui de Dakar en tête. La raison serait liée au fait que les narcotrafiquants se sont rabattus sur la « Highway 10 », le « 10ème Parallèle-Nord », pour leur business du fait du maillage des voies maritimes directes vers l'Europe par les douanes européennes. Alors, les ports d'Afrique de l'Ouest sont utilisés comme une sorte de « rebond », une zone de transit d'où repartiront les cargaisons de drogue vers l'Europe. Un container en provenance de Dakar ou d'une autre ville de la sous-régionale étant moins susceptible d'attirer l'attention des douanes européennes que celui qui viendrait du Brésil ou d'un autre pays d'Amérique latine.

Quand les résidus inondent le marché sénégalais ou le crack bon marché de Dakar à Kaolack

Le transit de ces substances psychotropes par les ports de ouest-africains a un contrecoup sur le trafic local de drogue : une certaine quantité reste à quai et est introduit dans les pays concernés.

Les quantités subtilisées et introduites au Sénégal structurent un autre trafic. Ici, les dealers se font payer en nature par les intermédiaires qui se font ainsi du liquide pour mieux huiler la machine transnationale. Cela a pour effet immédiat un dumping sur des substances comme la cocaïne. Ainsi, quand le gramme de cocaïne se monnaie à seulement 10 000 F Cfa à Dakar, contre 40 000 en France. Avec vingt (20) grammes, on peut produire jusqu'à 100 pierres de crack (« xeer », ou pierres en wolof, bien connus dans les milieux interlopes). Chaque pierre étant vendue entre cinq mille (5000) et dix mille (10 000) F Cfa, point besoin de faire le calcul pour savoir pourquoi le crack, une drogue très addictive, se vend comme des petits pains de Dakar à Kaolack et Saint-Louis. Et, hélas, il n'y a pas que le crack , il y a aussi l'émergence de nouvelles drogues de synthèse comme le « kush » que les Sénégalais appellent le « suus » ou certains comprimés dont l'usage initial est détourné à des fins psychotropes.

Babacar GUEYE

 

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