Burkina Faso : IBRAHIM TRAORE PASSE LE CAP DES QUATRE ANS AU POUVOIR DANS LE SILLAGE IDEOLOGIQUE DE THOMAS SANKARA
Au terme de quatre années à la tête de l'État burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré revendique explicitement l'héritage politique, souverainiste et panafricaniste du capitaine Thomas Sankara.
© Ibrahim Traoré revendique l'héritage politique, souverainiste et panafricaniste du capitaine Thomas Sankara.Si les deux dirigeants partagent un ancrage militaire, une doctrine de rupture avec l'Occident et une volonté d'autonomie économique, la présidence de transition d'Ibrahim Traoré se déploie dans un contexte sécuritaire dégradé qui impose une militarisation accrue du pouvoir et une gouvernance façonnée par l'effort de guerre.
Souveraineté économique, industrialisation et chantiers structurants
Le pouvoir consacre une large part de son action à la maîtrise nationale des ressources et à la valorisation des filières locales.
Le gouvernement d'Ibrahim Traoré s'emploie à renforcer le contrôle public de la filière aurifère, à relancer l'outil industriel national et à structurer les chaînes de valeur prioritaires comme le coton, la transformation de la tomate et le textile.
À l'image des chantiers populaires sankaristes, le programme d'aménagement urbain Faso Mebo mobilise les populations locales pour la construction d'infrastructures routières à partir de matériaux nationaux, tout comme la promotion du port obligatoire du tissu traditionnel Faso Dan Fani au sein de l'administration publique et des établissements scolaires.
Sécurité, gouvernance autoritaire et réalignement diplomatique
L'exercice du pouvoir se distingue nettement de l'ère sankariste par l'ampleur de la crise sécuritaire et la nature de la coercition étatique.
Confronté à l'insurrection jihadiste qui frappe les régions du Nord et de l'Est, le régime fonde sa légitimité sur le rééquipement des forces armées, la production locale de véhicules blindés et l'enrôlement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), alors que la poursuite du blocus de certaines localités contraste avec la politique historique de désenclavement.
Affichant publiquement son rejet du modèle démocratique occidental au profit de l'imposition de la discipline, le régime dissout les partis politiques et ferait face à de vivres critiques concernant la conscription forcée de journalistes, de magistrats et d'acteurs de la société civile sur le front des opérations.
Sur le plan diplomatique, le gouvernement de transition a rompu ses accords militaires avec la France pour sceller un partenariat stratégique avec la Russie et cofonder la Confédération des États du Sahel aux côtés du Mali et du Niger.
La rédaction



