Afrique du Sud : tensions avant les marches anti-immigration du 30 juin, rapatriements massifs
Des groupes xénophobes ont fixé au 30 juin 2026 une date limite pour le départ des étrangers en situation irrégulière. La peur gagne les communautés migrantes, tandis que le Nigeria, le Ghana et le Malawi rapatrient des centaines de ressortissants.
© RFIL'Afrique du Sud vit dans l'attente fébrile du mardi 30 juin 2026, une date annoncée par des groupes anti-immigration pour exiger le départ des étrangers en situation irrégulière. Bien que n'ayant rien d'officiel, cette échéance a provoqué un climat de peur généralisé parmi les communautés migrantes, en particulier celles venues du Zimbabwe, du Mozambique et de la République démocratique du Congo.
Plusieurs pays africains ont entrepris des rapatriements massifs. Le Nigeria a évacué un premier groupe de 258 ressortissants le 11 juin, et près d'un millier d'autres Nigérians ont demandé leur retour. Le Ghana et le Malawi ont également organisé des vols de rapatriement pour protéger leurs citoyens face aux violences xénophobes qui se multiplient dans les townships sud-africains. Des témoignages poignants évoquent la détresse de familles contraintes de fuir, alors qu'elles cherchaient sécurité et opportunités économiques.
Le gouvernement sud-africain, par la voix de la police, a tenté de rassurer en rejetant l'ultimatum du 30 juin et en promettant de maintenir l'ordre. Mais la tension reste palpable. De nombreux migrants ont quitté leurs quartiers et cherchent refuge dans des lieux jugés plus sûrs. Ce regain de xénophobie intervient dans un contexte de crise économique, de chômage élevé et de frustrations sociales, et rappelle les violences meurtrières qui avaient secoué le pays à plusieurs reprises par le passé.





