Absentéisme post-Magal : DIANTE, LE MINISTRE DE LA FONCTION PUBLIQUE RETROPEDALE…
© Le Ministre Dianté Il avait menacé de servir des demandes d’explications aux 179 fonctionnaires de son département absents du service au lendemain de l’édition 2026 du grand Magal de Touba, lundi. Dans la soirée du mardi, le ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, a adopté un discours plus conciliant et récusé les accusations de bellicisme à l’endroit de la communauté mouride à laquelle il soutient lui-même appartenir.
L’affaire avait fait grand bruit dans le pays avec la menace du ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, vidéo à l’appui, de servir des demandes d’explications aux agents aux abonnés absents au lendemain au lendemain de la célébration du grand Magal de Touba, un événement religieux qui a regroupé cette année près de cinq (5) millions de fidèles mourides. En poste depuis le 3 juin dernier, le ministre avait estimé lundi dans une vidéo largement relayée que seul un agent sur dix (1/10) avait répondu présent à son lieu de travail.
Il faut dire qu’à la décharge des fonctionnaires incriminés, les conditions s’y prêtaient largement. Le Magal, cérémonie religieuse annuelle de la confrérie mouride marquant le départ en exil du guide et fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, s’est tenu toute la journée du dimanche et ne s’achève qu’au petit matin du lundi, les disciples s’employant à des invocations, chants et prières rituelles la nuit du dimanche. Officiellement, le jour du Magal est férié au Sénégal et a donc coïncidé cette année avec un dimanche. Une loi, devenue obsolète, voulait que le lendemain d’un dimanche férié était aussi férié.
Attaque contre la communauté mouride
Il n’en fallait pas plus que des cris d’orfraie s’élèvent après la menace du ministre, d’aucuns l’accusant même de manœuvrer contre la communauté mouride qui constitue, au bas mot, la moitié de la population sénégalaise. Ce qui a, manifestement, conduit le Ministre Dianté à faire une sortie dans la soirée du mardi pour arrondir les angles et mettre un terme à une tension palpable sur les réseaux. « Ce qui est à regretter c'est l'exploitation qui a été faite de mon intervention », s’est ému le ministre de la Fonction publique sur une radio de la place. Et d’asséner, comme pour se dédouaner : « Je ne sais pas comment on peut combattre une communauté à laquelle on appartient ! » Avant de faire remarquer que le mardi, les choses étaient revenues à la normale et que les travailleurs de son département avaient quasiment tous rejoint leurs postes.
Quid des 179 demandes d’explications ?
Aussi bien, le ministre de la Fonction publique a décidé de surseoir à sa mesure pour le moins impopulaire et préféré tenir conclave avec les chefs de service du département pour leur rappeler que l’absence aux lieux de travail doit obéir à des règles strictement définies par la législation du travail. Non sans manquer de se féliciter d’avoir secoué le cocotier et remis les choses à l’endroit, afin que nul n’en ignore. « Pour une première, il fallait marquer le coup. Je crois qu'après ce moment-là, tout le monde sait comment il faut se comporter désormais. Quel que soit l'événement, ça peut même être un événement familial, il y a une attitude à avoir, et si vous avez cette attitude-là, vous permettez au chef de service d'organiser le service, pour que votre absence n’arrête pas le fonctionnement normal du service ». Ouf, tout est bien qui finit bien !
Babacar GUEYE



